L’épargne réglementée représente le placement préféré des ménages en France. Le Livret A, à lui seul, a séduit plus de 55 millions d’épargnants. Pour permettre à un plus grand nombre de foyers de bénéficier de ces placements, un récent rapport parlementaire propose de fusionner le Livret A et le LEP.
La réforme envisagée prévoit un nouveau livret unique dont les 10 000 premiers euros déposés seraient rémunérés au taux de l’inflation, un avantage aujourd’hui réservé aux titulaires du LEP. Les sommes au-delà de ce seuil bénéficieraient du taux actuel du Livret A, soit 2,4 %.
Comme le montre l’exemple de nos confrères de Moneyvox, un livret avec un encours de 7 000 euros rapporterait aujourd’hui 84 euros sur six mois. Avec le livret fusionné, ce rendement grimperait à 122,50 euros, soit 38,50 euros supplémentaires. Pour un livret au plafond de 22 950 euros, le gain atteindrait 55 euros sur la même période.
Une rémunération mieux adaptée à la conjoncture
Le LEP bénéficie d’un mécanisme spécifique : son taux ne peut être inférieur à l’inflation moyenne du semestre précédent. Le Livret A, lui, ne dispose plus de cette garantie depuis une réforme intervenue en 2020. En appliquant la logique du LEP aux 10 000 premiers euros du futur livret, la réforme apporterait une garantie de rendement réel positif à des dizaines de millions d’épargnants, face à l’érosion monétaire.
Un des objectifs de cette réforme est aussi de corriger le non-recours massif au LEP. Selon la Banque de France, 19,5 millions de Français y étaient éligibles fin 2024, mais seuls 11,8 millions en détenaient un. En cause, un contrôle d’éligibilité annuel jugé complexe et peu incitatif pour les banques. Fusionner le Livret A avec le LEP reviendrait à supprimer cette barrière administrative, rendant l’accès automatique à la rémunération indexée sur l’inflation.
Un paysage de l’épargne plus simple et plus lisible
Les auteurs du rapport soulignent enfin l’enjeu de lisibilité de l’offre d’épargne réglementée, jugée trop complexe. Entre Livret A, LEP, LDDS et autres produits, la pluralité des dispositifs nuit à leur compréhension. Un produit unique, clair, accessible à tous et garantissant une part de l’épargne protégée de l’inflation pourrait redonner du sens à l’épargne populaire, tout en améliorant sa performance.
En réunissant les avantages des deux livrets les plus populaires, cette réforme pourrait constituer une avancée majeure pour les épargnants, à condition qu’elle soit bien calibrée et équitablement mise en œuvre. Pour l’heure, elle reste au stade de la proposition, mais relance un débat central : comment garantir un rendement juste et accessible à tous dans un contexte d’inflation durable ?








