Des produits d’épargne pour financer des programmes de défense : Emmanuel Macron revient à la charge

Macron envisage des « produits d’épargne » pour financer la défense, évoquant un effort national face aux tensions géopolitiques et aux demandes budgétaires croissantes.

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Photo d'Emmanuel Macron pour évoquer l'Epargne
Des produits d'épargne pour financer des programmes de défenses : Emmanuel Macron revient à la charge | Econostrum.info

Lors d’un échange sur les réseaux sociaux le 20 février 2025, Emmanuel Macron a évoqué la possibilité de créer des « produits d’épargne » destinés à financer certains programmes de défense. Cette proposition intervient dans un contexte de tensions géopolitiques et de demandes accrues de financement pour l’armée.

Le président a souligné que la France entrait dans « une ère nouvelle » et qu’il ne fallait pas exclure de « faire appel à la nation » pour soutenir l’effort de défense. Il a insisté sur la nécessité pour chacun de « se demander ce qu’il peut faire pour la nation française et la République », ajoutant qu’un tel dispositif pourrait être « une très bonne idée ».

Mettre en place des produits d’épargne pour la défense, une piste déjà discutée sans concrétisation

L’idée de mobiliser l’épargne pour financer la défense a déjà été évoquée par le Parlement à plusieurs reprises, mais sans aboutir. En 2023, le Conseil constitutionnel a rejeté deux propositions visant à flécher des fonds issus des Livrets A et Livrets de développement durable (LDDS) vers l’industrie de l’armement. Ces mesures avaient été considérées comme « des cavaliers législatifs », c’est-à-dire des dispositions sans lien direct avec les lois dans lesquelles elles étaient intégrées.

En 2024, le Sénat avait tenté de relancer le débat en proposant un « Livret d’épargne défense souveraineté », mais cette initiative n’avait pas été adoptée. Plusieurs économistes s’accordent à dire que l’enjeu principal sera d’assurer l’attractivité du produit. « Il faut de la rémunération derrière : ce n’est ni un impôt, ni un don, les gens voudront un rendement », a souligné Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Épargne sur TF1.

Pour l’instant, les modalités de ce projet restent floues. Macron semble privilégier la création d’un produit dédié plutôt qu’une réaffectation des fonds existants. L’enjeu sera de déterminer qui assurera le versement des intérêts : « les entreprises de défense elles-mêmes ? L’État ? », s’interroge l’économiste.

Un défi d’acceptabilité pour les épargnants

L’initiative pourrait se heurter à des réticences. Pour Guillaume Lasconjarias, spécialiste des questions de défense qui s’est également exprimé sur TF1, « il faut un gros effort pédagogique et politique pour préparer les esprits, que les épargnants n’aient pas l’impression que l’on leur confisque quelque chose ». Il souligne que de tels produits n’existent pas ailleurs en Europe et que leur acceptabilité dépendra du cadre fixé.

Une piste avancée serait de garantir que les financements servent exclusivement au développement de l’industrie de défense nationale, sans financer l’achat d’armements étrangers. « Il faut convaincre à la fois les épargnants et le système bancaire », insiste le chercheur.

L’idée d’un financement participatif de la défense s’inscrit dans un contexte de pression américaine croissante sur les pays européens. Donald Trump réclame que les États européens augmentent leur budget militaire à 5 % du PIB, contre 2 % actuellement en France. Macron reconnaît que la hausse sera inévitable, sans pour autant préciser l’ampleur de l’effort à fournir : « Je ne sais pas si 5 % c’est le bon chiffre pour la France, mais en tout cas, il va falloir monter ».

Si l’instauration d’un livret d’épargne pour la défense semble complexe, le président estime qu’une réflexion doit être menée face aux évolutions géopolitiques : « Nous ne sommes pas, pour l’heure, dans une économie de guerre, mais tout de même face à une accélération du temps géopolitique qui rend ce genre de préparation encore plus nécessaire ».

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