Le nombre de défaillances d’entreprises en France a atteint un niveau inédit en 2025, avec 69 957 procédures enregistrées selon une étude du cabinet Altares publiée le 20 janvier. Ce chiffre inclut les sauvegardes, redressements et liquidations judiciaires.
Il marque une hausse de 3,1 % par rapport à 2024, malgré un ralentissement observé sur la fin de l’année. Pour le seul quatrième trimestre, 19 024 entreprises ont fait défaut, un record pour cette période, mais avec une progression limitée à 1,7 % sur un an, contre 10 % un an plus tôt.
Thierry Millon, directeur des études chez Altares, explique que « l’économie française a évolué en 2025 dans un cadre paradoxal mêlant inflation maîtrisée et croissance atone, avec des finances publiques sous tension dans un contexte géopolitique compliqué ». Selon lui, cette situation a renforcé un « climat d’incertitude » pour les entreprises, en particulier pour les petites et moyennes structures. Les sociétés les plus fragiles auraient cherché à prolonger leurs délais de paiement, aggravant les difficultés de trésorerie et le risque commercial.
Des disparités selon la taille et le secteur des entreprises
Les petites et moyennes entreprises restent les plus touchées, mais la hausse est particulièrement marquée chez les structures de taille intermédiaire et les grandes sociétés employant plus de 100 salariés. En 2025, 236 entreprises de cette catégorie ont fait défaut, soit une augmentation de 18,6 % par rapport à l’année précédente. L’industrie manufacturière enregistre une progression de 21 % des défaillances, tandis que le secteur social affiche une hausse de 12 %.
Les difficultés économiques ont eu un effet direct sur l’emploi : 267 200 postes sont considérés comme menacés fin 2025, soit 4,5 % de plus qu’en 2024, selon Altares. Les conséquences se concentrent dans les secteurs où la rentabilité dépend fortement des coûts de production et de la demande intérieure.

Les années précédentes, marquées par la pandémie de Covid-19, avaient vu une diminution artificielle des faillites en raison des dispositifs de soutien mis en place par l’État. Leur retrait progressif a révélé la fragilité persistante d’une partie du tissu économique.
Plusieurs signaux positifs ont toutefois été relevés par le cabinet. Les liquidations judiciaires ont reculé de 1,3 % au quatrième trimestre 2025 et les défauts d’entreprises de 3 à 99 salariés ont baissé de 7 % sur la même période. Certains secteurs enregistrent une amélioration, notamment la construction, en recul de 8,1 %, et le transport routier de marchandises, en baisse de 16,3 %.
Thierry Millon évoque « l’espoir d’un léger repli » des défaillances en 2026. Il souligne néanmoins plusieurs contraintes persistantes : les perturbations logistiques, les besoins en fonds de roulement, la mise en œuvre du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) et la facturation électronique obligatoire à partir de septembre. Ces facteurs continueront de peser sur la capacité des entreprises à se stabiliser dans un environnement économique incertain.








