Les Français risquent de voir leurs factures d’énergie augmenter de manière discrète, mais significative, en raison d’une hausse de la TVA sur l’abonnement d’électricité et de gaz. Bien que cette augmentation ne soit pas immédiatement évidente pour la plupart des foyers, elle pourrait peser lourdement sur le budget des ménages, notamment les plus modestes.
Depuis le 1er août 2025, un changement fiscal discret mais lourd de conséquences touche les abonnements d’énergie. La TVA appliquée sur l’abonnement à l’électricité et au gaz, jusqu’ici fixée à 5,5 %, a été portée à 20 %. Cette augmentation ne concerne pas directement la consommation d’énergie, mais uniquement l’abonnement fixe, qui est payé chaque mois, que l’on consomme beaucoup ou peu d’énergie.
Cette hausse, bien que peu médiatisée, va affecter tous les foyers abonnés au service d’électricité ou de gaz, y compris ceux qui ont une faible consommation énergétique. Elle risque de se traduire par une augmentation qui, sur l’année, pourrait avoir un impact financier conséquent, particulièrement pour les ménages modestes.
L’impact concret sur les factures d’énergie
Pour un foyer type, l’abonnement à l’électricité (sur la base d’un compteur 6 kVA, l’option la plus courante en France) connaîtra une hausse de 19,7 €, passant de 164,6 € à 184,3 € par an. De même, l’abonnement au gaz verra une augmentation d’environ 10 à 20 € par an, selon les contrats souscrits. Bien que ces montants puissent paraître modestes sur une période de quelques mois, cumulés sur une année entière, ils représentent une charge supplémentaire pour de nombreux foyers, en particulier ceux qui font déjà des efforts pour limiter leur consommation d’énergie.
Les foyers les plus touchés seront ceux qui consomment le moins d’énergie, comme les étudiants, les retraités ou les personnes vivant dans des logements modestes. Ces derniers voient l’abonnement, qui représente une part fixe de leur facture, prendre une plus grande proportion de leur budget. En revanche, les familles énergivores, pour qui le poste de consommation est plus important que l’abonnement, sentiront l’impact de manière plus diluée.
Pourquoi cette hausse passe-t-elle inaperçue ?
L’une des raisons pour lesquelles cette hausse reste largement ignorée par les consommateurs est qu’elle est discrète. Elle se cache dans la ligne « TVA » de l’abonnement de la facture d’énergie, qui est souvent peu observée par les foyers, en particulier dans un contexte où l’on scrute principalement l’évolution des prix du kWh. Pourtant, cette augmentation du taux de TVA pourrait toucher l’ensemble des abonnés sans exception, un point qui n’a pas été suffisamment mis en lumière.
Le gouvernement justifie cette modification par une volonté de se conformer aux exigences de l’Union européenne, qui impose une uniformisation des taux de TVA sur les services similaires. La France, avec ses subtilités fiscales, s’aligne ainsi sur une directive européenne interdisant la différence de traitement entre la consommation et l’abonnement. En outre, cette hausse s’inscrit dans un contexte de rigueur budgétaire, l’État cherchant à réaliser des économies dans un environnement économique tendu.
Les réactions et solutions possibles
Les associations de consommateurs se montrent préoccupées par cette mesure, soulignant qu’elle pénalise davantage les ménages les plus vulnérables, pour qui chaque euro compte. En réponse, des experts recommandent de surveiller attentivement l’évolution des factures, d’envisager des alternatives comme le changement de fournisseur, ou encore de se renseigner sur les aides sociales, comme le chèque énergie, qui peuvent aider à limiter l’impact de cette hausse.
Dans ce contexte, il est essentiel pour les consommateurs de bien comprendre leur facture d’énergie, d’explorer les options disponibles pour réduire la consommation et de vérifier leur éligibilité aux aides, afin de faire face à cette augmentation discrète, mais réelle.








