Dans son rapport annuel publié ce mardi 20 mai, le médiateur national de l’énergie pointe du doigt les dérives commerciales de trois fournisseurs du secteur. Wekiwi, Primagaz et JPME reçoivent chacun un carton rouge pour des pratiques jugées contraires aux droits des consommateurs. Ces signalements s’accompagnent d’une alerte officielle adressée aux pouvoirs publics, soulignant la gravité des faits reprochés.
Déjà épinglé en 2022 et 2023, Wekiwi, fournisseur d’électricité et de gaz arrivé sur le marché en 2020, se distingue à nouveau par un taux de saisines 25 fois supérieur à la moyenne du secteur. Le médiateur dénonce des pratiques de démarchage abusif, des souscriptions non sollicitées et une gestion commerciale déficiente. Ces comportements récurrents mettent en difficulté de nombreux consommateurs, souvent contraints de saisir le médiateur pour faire valoir leurs droits.
Primagaz et JPME aussi ciblés
Primagaz, fournisseur de gaz de pétrole liquéfié, est également sanctionné, cette fois pour des dysfonctionnements opérationnels massifs. En cause, une transition informatique ratée à l’automne 2023 ayant engendré des retards de livraison, la perte de commandes, et un service client injoignable. Certains foyers se sont retrouvés sans facture, mais surtout sans chauffage en plein hiver. En dépit d’un retour progressif à la normale concernant les livraisons, les difficultés de facturation persistent et les clients font face à des sommes importantes à régulariser.
Le troisième fournisseur d’énergie épinglé, JPME, est critiqué pour ses défauts systématiques de paiement envers ses clients producteurs d’électricité photovoltaïque. Ces manquements ont conduit, dès septembre 2024, à une demande officielle de retrait de son autorisation d’achat pour revente d’électricité. Ce type de comportement met en péril la relation de confiance avec les petits producteurs et fragilise leur modèle économique.
Des indemnisations en hausse et des attentes législatives
En 2024, les fournisseurs d’énergie et gestionnaires de réseaux ont été contraints de verser plus de 15 millions d’euros à leurs clients, à la suite des recommandations du médiateur. Ce montant couvre 90 % des litiges réglés en médiation. Malgré une baisse de 17 % des saisines par rapport à 2023, les enjeux de protection des consommateurs restent élevés, en particulier face à la multiplication des acteurs et à la complexité croissante des offres.
Le médiateur de l’énergie appelle à des avancées législatives, notamment sur l’interdiction du démarchage téléphonique abusif et sans consentement, actuellement en discussion au Parlement. Cette série de signalements confirme l’importance de renforcer la régulation dans un marché énergétique toujours plus concurrentiel.








