Une affaire pour le moins inhabituelle s’est déroulée ces derniers mois à Alicante, en Espagne, où une salariée a été licenciée sans indemnités. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce n’est pas un retard ou une absence qui a motivé ce licenciement, mais bien une arrivée répétée bien avant l’heure contractuelle, une situation confirmée par plusieurs médias internationaux.
La jeune femme, qui travaillait dans une entreprise de logistique et de livraison, avait un contrat stipulant un début de journée à 7 h 30. Malgré cela, elle venait régulièrement sur son lieu de travail entre trente et quarante‑cinq minutes avant cette heure, souvent vers 6 h 45 ou 7 h 00, selon le récit des sources. Elle expliquait qu’elle souhaitait disposer de davantage de temps pour organiser ses tâches et mieux gérer sa charge de travail.
Dès la fin de l’année 2023, sa direction lui a demandé à plusieurs reprises d’arriver à l’horaire prévu, d’abord par des rappels oraux, puis même par écrit lorsque la pratique a persisté. Ces avertissements avaient pour objectif de lui rappeler que ses horaires de travail étaient clairement définis dans son contrat et que rien n’autorisait ces arrivées anticipées régulières.
Malgré ces consignes formelles, la salariée a continué à se présenter à l’entreprise bien avant l’heure contractuelle. Selon certains reportages, elle l’a fait à au moins 19 reprises après les avertissements, et dans certains cas a tenté d’utiliser l’application interne de l’entreprise pour « pointer » avant l’heure autorisée.
« Perturbation du fonctionnement normal de l’entreprise »
L’employeur a alors considéré que cette attitude, loin d’être un comportement positif, constituait une désobéissance répétée aux instructions de la direction et une perturbation du fonctionnement normal de l’entreprise. Il a donc décidé d’engager une procédure de licenciement pour faute grave, une mesure extrême qui prive un salarié de ses indemnités de départ.
La salariée a contesté cette décision devant le tribunal social d’Alicante, espérant faire valoir que sa démarche témoignait d’un zèle professionnel et non d’une volonté de nuire. Cependant, en janvier 2026, la juridiction a confirmé le licenciement. Dans sa décision, le tribunal a estimé que la salariée avait persisté dans un comportement contraire aux consignes claires de l’employeur et que cela avait rompu la confiance nécessaire entre les deux parties dans le cadre du contrat de travail.
Plusieurs médias expliquent que la justice n’a pas condamné l’idée d’arriver tôt en tant que telle, mais a jugé que le refus répété de respecter les règles internes de l’entreprise, après des avertissements explicites, équivalait à un manquement grave.
Au‑delà de l’aspect insolite de l’affaire, cette décision de justice illustre une réalité du droit du travail. Un salarié peut être sanctionné non seulement pour un retard, mais aussi pour un non‑respect persistant des horaires convenus, même si ce non‑respect paraît à première vue positif. Une telle situation reste rare, mais elle montre combien la rigueur contractuelle et organisationnelle est fondamentale pour les employeurs et les tribunaux








