Stabilité de l’emploi salarié au 2e trimestre : un calme inquiétant

Malgré une stabilité apparente, l’emploi salarié en France montre des signes de fragilité au deuxième trimestre 2025, avec une baisse continue dans certains secteurs clés.

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Emploi
Emploi : voici les grandes entreprises qui recrutent le plus en 2026 - Crédit : Canva | Econostrum.info

L'emploi salarié en France reste stable au deuxième trimestre 2025, mais cette stabilité cache une réalité inquiétante. Malgré une légère amélioration du PIB, le marché du travail reste figé, avec des secteurs en baisse et un recul de l’intérim. Les signes d’une reprise durable semblent encore lointains.

L’Insee a publié que le nombre d'emplois salariés dans le secteur privé a atteint 20 973 200 postes au deuxième trimestre, en recul de 4 800 par rapport au trimestre précédent. Bien que l'emploi ait montré une stabilité générale après un léger recul de 0,1 % (-28 700 emplois) au premier trimestre, ce chiffre reste inférieur de 100 000 postes par rapport à l’année précédente. Cette tendance alarme, car elle montre que, même avec une croissance économique faible, l’emploi salarié peine à repartir.

Cette situation semble en grande partie liée à la faible croissance observée au début de l’année, avec un PIB qui n’a progressé que de 0,1 % au premier trimestre. Le deuxième trimestre a apporté une petite amélioration, avec une estimation de croissance de 0,3 %, mais cela n’a pas suffi à inverser la tendance dans l'emploi salarié.

Le recul de l’intérim : un signe inquiétant

L’un des indicateurs les plus inquiétants de cette stabilité fragile reste le recul de l'emploi intérimaire. En effet, l’intérim, souvent perçu comme un baromètre de la conjoncture économique, a reculé de 0,6 % entre avril et juin. Ce recul s’inscrit dans la continuité de la baisse de 0,5 % observée au trimestre précédent. Le nombre d'emplois intérimaires est désormais 9,2 % inférieur à son niveau d’avant la crise sanitaire, soit une perte de 71 100 postes. Cette baisse dans l’intérim montre une flexibilité de l’emploi qui continue à être sous pression, limitant ainsi les ajustements rapides du marché du travail.

Certaines branches sont particulièrement touchées par cette stagnation. Le secteur de la construction enregistre un dixième trimestre consécutif de baisse, illustrant un recul persistant de l’emploi salarié. De même, l’agriculture ne semble pas en mesure de redresser la barre, enregistrant également une baisse continue de l'emploi salarié. En revanche, dans le secteur tertiaire marchand (hors intérim), l’emploi est resté stable, ce qui montre un équilibre fragile dans un environnement incertain.

Une lueur d’espoir dans l'emploi tertiaire non marchand

Le secteur tertiaire non marchand se distingue comme le seul domaine en croissance, enregistrant une augmentation de 0,2 % au deuxième trimestre, soit 5 500 nouveaux emplois. Ce secteur, qui inclut des emplois dans la santé, l’éducation et les services sociaux, reste ainsi un pilier de la création d’emplois dans un marché globalement atone. Les effets positifs dans ce domaine montrent que certains secteurs sociaux continuent à bénéficier d’un besoin croissant de main-d’œuvre, bien que le reste du marché reste sous pression.

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