Avec le vieillissement de la population et les départs massifs à la retraite des générations nées après la guerre, le marché de l'emploi en France va connaître d’ici 2030 une recomposition profonde. Par conséquent, des milliers de postes de travail vont se libérer, une aubaine pour de nombreux demandeurs.
Selon une étude croisée de France Stratégie et de la Dares, près de 800 000 postes seront à pourvoir dans les années à venir, essentiellement pour remplacer les baby-boomers partant à la retraite. Tous les secteurs ne seront pas touchés de la même manière, mais les tensions sur le recrutement s’annoncent déjà importantes. Aujourd’hui, les 50-64 ans représentent environ un tiers de la population active, rapporte Capital.
Avec le départ progressif des générations nées entre 1943 et 1960, la pyramide des âges se déséquilibre nettement, au profit d’un haut de l’édifice de plus en plus lourd à compenser. Or, la population en âge de travailler augmente peu, voire stagne, rendant la transmission intergénérationnelle des emplois plus difficile. Ce contexte impose aux entreprises et aux politiques publiques de repenser leurs stratégies de recrutement, de formation et de conditions de travail.
Des secteurs de l’emploi confrontés à des besoins massifs
Parmi les métiers les plus concernés, celui d’agent d’entretien arrive en tête, avec 490 000 postes à pourvoir d’ici 2030, dont 95 % correspondent à des remplacements. Ce secteur, déjà en tension, est confronté à un double défi : volume de postes à combler et manque d’attractivité, en raison de la pénibilité du travail et de salaires faibles.
Le même enjeu se pose pour le secteur de l’enseignement. D’ici 2030, environ 328 000 enseignants quitteront les salles de classe. Or, les créations de postes seront marginales, ce qui signifie que l’effort de recrutement portera presque exclusivement sur le maintien des effectifs actuels.
D’autres métiers en croissance structurelle
À l’inverse, certains secteurs voient leurs besoins augmenter indépendamment des départs en retraite. C’est le cas des ingénieurs informatiques, pour lesquels 190 000 postes sont à pourvoir d’ici 2030, dont une large majorité correspondent à de véritables créations d’emploi. La transition numérique et le développement de l’intelligence artificielle expliquent cette dynamique. Même tendance chez les cadres techniques de l’industrie, où les créations de postes devraient également être nombreuses.
Dans ces filières, les départs en fin de carrière sont limités, mais la croissance des besoins impose d’accélérer la formation de profils qualifiés. Le défi n’est pas seulement quantitatif. Pour éviter une pénurie de main-d’œuvre, l’attractivité des métiers peu valorisés devra être améliorée. Cela implique une réflexion sur les conditions de travail, les salaires et les parcours professionnels, afin de répondre à la fois aux besoins des entreprises et aux attentes des futurs candidats.








