Émissions de CO2 : l’Europe allège les contraintes pour l’industrie automobile

Le Parlement européen a approuvé le 8 mai un assouplissement des normes environnementales applicables à l’industrie automobile.

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Budget 2026 : abandon de la hausse du malus automobile et principales mesures votées par les députés. Crédit : Canva | Econostrum.info

Le Parlement européen a approuvé le 8 mai un ajustement des normes environnementales applicables à l’industrie automobile, apportant une certaine flexibilité aux constructeurs en difficulté face aux objectifs de réduction des émissions de CO2.

Ce changement, validé en session plénière à Strasbourg, permet aux fabricants de lisser leurs performances environnementales sur trois années, de 2025 à 2027, au lieu de les évaluer sur la seule année 2025. Ce dispositif évite ainsi à de nombreux constructeurs d’être pénalisés dès la fin de l’année prochaine pour non-respect des objectifs.

Cette mesure intervient dans un contexte de tensions économiques pour le secteur automobile européen, confronté à une concurrence croissante, notamment en provenance de Chine, dans le domaine des véhicules électriques. Soutenue par la Commission européenne, cette révision s’inscrit dans un plan plus large de soutien à l’industrie automobile. L’objectif affiché est de maintenir la compétitivité des producteurs européens tout en poursuivant la transition énergétique.

Un compromis politique entre impératifs de l’industrie automobile et l’urgence climatique

Le texte a été adopté par une large majorité, avec 458 voix pour, 101 contre et 14 abstentions. Il a bénéficié du soutien des groupes politiques principaux, dont les conservateurs du PPE, les socialistes du S\&D et les centristes de Renew. Les promoteurs de cette décision défendent une réponse pragmatique aux difficultés économiques du secteur. Selon l’eurodéputé Pascal Canfin, cette souplesse répond à la pression des constructeurs et évite un choc industriel qui aurait pu ralentir l’électrification du parc automobile.

À l’inverse, plusieurs voix se sont élevées contre ce qu’elles perçoivent comme un recul environnemental. Les écologistes dénoncent un retard supplémentaire dans la mise sur le marché de véhicules électriques accessibles. L’eurodéputée belge Saskia Bricmont a critiqué une décision incohérente avec les objectifs climatiques européens, estimant qu’il s’agit d’un signal négatif en matière de lutte contre le réchauffement.

Le débat a également traversé l’échiquier politique plus largement. À l’extrême droite, le Rassemblement national a jugé la mesure encore trop contraignante, réclamant la suppression totale du système de sanctions. Pour ses représentants, la stratégie de transition forcée vers le tout électrique ne rencontre pas l’adhésion des citoyens.

Ce vote illustre la complexité de concilier transformation écologique et compétitivité économique à l’échelle européenne. Il relance aussi la discussion sur l’échéance de 2035, date à laquelle la vente de voitures thermiques neuves doit être interdite dans l’Union. Certains eurodéputés évoquent déjà une possible révision de cette règle, mettant en lumière les arbitrages à venir entre ambitions climatiques et réalités industrielles.

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