Les ventes de Tesla en France ont enregistré une nouvelle baisse en février 2025, confirmant une tendance amorcée depuis plusieurs mois. Selon les chiffres publiés par la Plateforme automobile (PFA) , le constructeur américain a immatriculé 2 395 véhicules, soit une baisse de 26 % sur un an.
Cette diminution des ventes intervient alors que le marché automobile français est resté stable (-0,72 %), et que les véhicules électriques maintiennent une part de 18 % des immatriculations indique la PFA.
Ce recul s’explique par plusieurs facteurs. D’une part, la montée en puissance de constructeurs européens comme Renault et Citroën, qui proposent des modèles électriques plus abordables, a conduit à une redistribution du marché.
D’autre part, Tesla fait face à un contexte délicat en raison des prises de position de son PDG, Elon Musk. Son soutien affiché à Donald Trump et ses interventions politiques ont suscité des critiques et des appels au boycott, en particulier en Europe.
Un contexte difficile pour Tesla
Au niveau mondial, Tesla a annoncé fin janvier une baisse de 1 % de ses livraisons en 2024, une première dans son histoire. Cette situation est aggravée par des interruptions temporaires de production en Allemagne, au Texas et en Chine, dues à des grèves, des incidents et des travaux de modernisation des usines.
Le constructeur, toujours leader sur le marché des véhicules électriques, mise sur la sortie de nouveaux modèles à bas coût et sur son projet de robotaxi pour relancer ses ventes. Cependant, la concurrence s’intensifie avec l’arrivée de nouvelles offres de la part des constructeurs européens et asiatiques, notamment en raison de l’application de droits de douane plus élevés sur les véhicules électriques chinois.
Par ailleurs, le marché des voitures électriques reste largement influencé par les aides gouvernementales. « La demande reste largement guidée par les aides à l’achat », explique Marie-Laure Nivot, analyste du cabinet AAA Data, citée par Europe 1. Avec la fin des bonus écologiques de 2024 et le renforcement du malus sur les véhicules les plus polluants, les ventes de Tesla pourraient continuer à souffrir de cette instabilité réglementaire.
Les véhicules hybrides continuent en parallèle de progresser, captant une part grandissante du marché automobile. En janvier et février 2025, les hybrides représentaient 44,3 % des immatriculations en France, contre 25,4 % pour les voitures essence et 17,7 % pour les modèles 100 % électriques. La transition vers des véhicules plus respectueux de l’environnement se fait donc au profit des modèles hybrides, au détriment des voitures électriques pures comme celles proposées par Tesla.
Le constructeur américain devra rapidement s’adapter pour maintenir sa position dominante. La sortie du Model Y restylé, attendue pour le second semestre 2025, pourrait relancer l’intérêt des consommateurs, de même que l’introduction d’un modèle plus accessible financièrement. Toutefois, dans un marché où les incertitudes économiques et réglementaires pèsent lourdement sur la demande, Tesla devra redoubler d’efforts pour séduire à nouveau les acheteurs français.








