Emmanuel Macron veut repenser le temps scolaire en France, avec la création d’une convention citoyenne qui réfléchira à une réorganisation du rythme scolaire. Ce projet, prévu pour débuter en juin, abordera une question sensible dans le système éducatif français, celle de l’organisation des vacances et des journées de classe.
L’objectif, selon le président français, est de rendre l’organisation des journées scolaires « plus favorable à leur développement et aux apprentissages », afin de garantir que les élèves soient moins fatigués et plus concentrés, indique le Parisien.
Le débat sur le rythme scolaire n’est pas nouveau, mais l’idée d’une réforme est relancée après une longue période sans changement depuis 2013, année où la semaine de quatre jours a été modifiée pour passer à quatre jours et demi. Une réforme qui avait suscité de vives critiques, notamment sur la surcharge des journées d’école. En 2017, Jean-Michel Blanquer avait déjà fait des propositions pour revenir à un rythme plus adapté. Aujourd’hui, c’est Emmanuel Macron qui relance ce dossier, avec un objectif clair : améliorer les conditions d’apprentissage des enfants en révisant la durée des vacances et l’organisation des journées scolaires.
Emmanuel Macron a été assez critique à l’égard des vacances scolaires, en particulier des congés d’été qu’il considère comme « très trés longues » selon la même source. Il a affirmé qu’en raison de ces longues coupures, « les enfants qui ne sont pas très accompagnés par leurs familles vont perdre souvent du niveau scolaire ».
La ministre de l’Éducation, Élisabeth Borne, partage cette opinion, rappelant que « les coupures longues se traduisent par des pertes de niveau pour les élèves les plus fragiles ». Ces déclarations illustrent la volonté du gouvernement de réformer le calendrier scolaire afin d’éviter ces pertes d’apprentissage, surtout pour les élèves qui rencontrent déjà des difficultés.
Le débat sur les vacances et l’organisation des journées scolaires s’annonce houleux
Une des idées envisagées par le président Macron, déjà évoquée dans un entretien au Point, serait de commencer l’année scolaire plus tôt, dès le 20 août, pour les élèves en difficulté. La France, avec ses 16 semaines de vacances annuelles, reste l’un des pays européens offrant le plus grand nombre de congés scolaires. À titre de comparaison, l’Allemagne, le Danemark ou l’Espagne n’offrent respectivement que 9, 10 et 13 semaines de vacances. Si la France se situe sous la moyenne européenne pour les vacances d’été, avec 8 semaines, l’idée de réduire encore cette durée semble se dessiner dans les propositions présidentielles.
Le rythme scolaire pourrait également être modifié au niveau de la journée de classe, avec une suggestion d’un démarrage plus tardif des cours. Cécile Levavasseur, pédiatre et auteure, a suggéré que les cours commencent à 9 h au collège et à 9 h 30 au lycée, afin de mieux adapter l'emploi du temps des jeunes au rythme de leur sommeil. Un autre changement pourrait concerner l’allègement des horaires quotidiens, une proposition soutenue par certains spécialistes qui pointent du doigt des journées trop chargées pour les élèves.
Ce débat n’est pas sans controverse. La secrétaire générale du SNES-FSU a rapidement dénoncé ce projet, parlant d’un « grand exercice d’esbroufe » et estimant qu’il « passe à côté des urgences de l’éducation nationale ». Selon elle, l’attaque contre les vacances scolaires et le rythme des enseignants sert à alimenter un discours contre les professeurs, accusés d’être « trop souvent en vacances ». Les discussions à venir s’annoncent donc complexes et devront prendre en compte les attentes des enseignants et des familles.








