La Jamaïque, troisième plus grande île des Caraïbes avec une superficie de 10 991 km², fait face à une crise liée à l’eau potable. La population de 2,84 millions d’habitants est principalement concentrée le long de la côte, autour de Kingston et Montego Bay.
Le climat tropical de l’île, marqué par des périodes sèches et des saisons cycloniques violentes, complique la gestion des ressources en eau. Pour remédier à cette situation, la Jamaïque a sollicité l’aide de l’entreprise française VINCI Construction Grands Projets pour un chantier crucial.
Ce projet, d’une valeur de 144 millions d’euros, consiste à concevoir et installer 68 kilomètres de canalisations d’eau potable dans le nord-ouest de l’île. Ce chantier vise à sécuriser l’approvisionnement en eau potable à long terme et à renforcer les infrastructures existantes pour les décennies à venir. La mission est d’autant plus vitale dans un contexte de pénurie d’eau, aggravée par la baisse des précipitations et des réserves d’eau depuis 2025.
Un chantier sous des contraintes environnementales et géographiques importantes
Le projet de 68 kilomètres de canalisations doit tenir compte de multiples défis techniques et géographiques. Le tracé des conduites, bien que de 68 kilomètres sur la carte, s’étend en réalité sur près de 130 kilomètres en raison des contraintes des routes existantes, des zones habitées et des risques géologiques. Les canalisations, réalisées en fonte à large diamètre, seront conçues pour résister à la corrosion et aux variations de pression, tout en étant capables de supporter les mouvements du sol. La durée de vie attendue de ces infrastructures est de plus de 50 ans.
Les travaux, qui dureront 36 mois, emploieront environ 100 personnes, dont des ingénieurs, des topographes et des spécialistes de l’environnement. L’objectif est non seulement de poser des canalisations fonctionnelles mais aussi de préserver les écosystèmes locaux en veillant à traverser des zones sensibles comme les rivières et les habitats naturels sans causer de dommages durables. Par exemple, pour éviter de perturber les habitats aquatiques, certaines portions des conduites seront installées sous les lits de rivières.
La coordination avec la National Environment and Planning Agency (NEPA) est essentielle, car les équipes doivent respecter des normes environnementales strictes. À chaque étape du projet, des décisions techniques complexes sont prises pour minimiser l’impact sur l’environnement, par exemple en adaptant le calendrier des travaux aux périodes de reproduction des espèces locales.
L’expertise de VINCI en matière de chantiers hydrauliques est un atout majeur
L’expertise de VINCI en matière de chantiers hydrauliques est un atout majeur. Depuis 1999, l’entreprise a acquis une connaissance approfondie des conditions locales, renforcée par son intervention après le passage de l’ouragan Melissa en 2025. Lors de cet événement, VINCI a aidé à rétablir rapidement l’approvisionnement en eau dans la ville de Montego Bay, prouvant ainsi son expertise face aux urgences climatiques.
Ce projet s’inscrit dans une série d’initiatives de la part du gouvernement jamaïcain pour sécuriser son approvisionnement en eau. En réponse à la baisse des précipitations, des investissements ont été réalisés, notamment un financement de 350 millions de dollars jamaïcains (environ 1,9 million d’euros) pour des mesures d’urgence, ainsi qu’un plan d’investissement à long terme de 22 milliards de dollars jamaïcains (environ 119 millions d’euros) pour l’amélioration des infrastructures d’eau potable et d’assainissement.
La Jamaïque continue d’intégrer la gestion de l’eau comme une question de sécurité nationale, en mettant en place des projets comme le Western Water Resilience Project pour garantir l’accès à l’eau pour les générations futures.








