Droits de douane américains : la France est-elle le pays le plus pénalisé en Europe ?

Les nouveaux droits de douane américains frappent les exportations européennes, mais la France est-elle plus touchée que ses voisins ?

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Droits de douane
Droits de douane américains : la France est-elle le pays le plus pénalisé en Europe ? Crédit : Canva | Econostrum.info

Depuis l’instauration par les États-Unis de nouvelles surtaxes douanières sur les produits européens, les pays de l’Union sont confrontés à un environnement commercial plus hostile. Si l’ensemble du continent est concerné par ces droits de douane punitifs, une étude des douanes françaises révèle que la France n’est pas touchée de la même manière que ses voisins. 

Selon les données publiées, les exportations françaises vers les États-Unis sont désormais impactées à hauteur de 4,6 milliards d’euros, avec une surtaxe moyenne de 9,6 %. Ce chiffre, bien qu’élevé, reste inférieur à celui enregistré en Allemagne, où les exportateurs doivent faire face à une taxation moyenne de plus de 12 %. Pire encore, des pays comme la Roumanie, la Hongrie ou la Slovaquie voient certaines de leurs filières frappées par des taux de 16 à 22 %.

L’explication tient à la composition des exportations françaises. La France exporte relativement peu de produits industriels comme l’acier ou les automobiles, qui figurent parmi les secteurs les plus lourdement sanctionnés, avec des surtaxes allant jusqu’à 25 %. Cette moindre dépendance permet à l’économie hexagonale d’amortir le choc douanier, comme le souligne sur Europe 1 l’économiste Sylvain Bersinger.

Des secteurs stratégiques tout de même pénalisés par les droits de douane

Certaines industries françaises n’échappent toutefois pas à cette vague protectionniste. Le luxe, l’aéronautique et surtout le secteur viticole doivent désormais composer avec une surtaxe de 10 %, qui pèse sur leur compétitivité sur le marché américain. Ces hausses tarifaires ont un effet immédiat sur la dynamique des exportations, d’autant plus que ces secteurs constituent des vitrines majeures de l’économie française à l’international.

À l’inverse, les produits pharmaceutiques, un des piliers des échanges franco-américains, sont exemptés de ces surtaxes, ce qui permet de préserver une part significative du commerce bilatéral. Une situation qui joue en faveur de la stabilité économique, dans un contexte marqué par une montée des tensions commerciales mondiales.

Un impact limité à l’échelle du PIB

Malgré les perturbations engendrées par ces surtaxes, l’impact global sur l’économie française reste modéré. Les exportations vers les États-Unis représentent environ 1,5 % du PIB, contre près de 4 % pour l’Allemagne, beaucoup plus dépendante de ce marché. Ainsi, même si les mesures américaines ont conduit la Commission européenne à revoir ses prévisions de croissance pour la France à la baisse (de 0,8 % à 0,6 %), elles n’occasionnent pas de choc structurel majeur.

En conclusion, la France, bien que concernée, apparaît moins vulnérable que ses voisins européens face aux nouvelles taxes douanières américaines. Grâce à une structure d’exportation plus diversifiée et moins concentrée sur les secteurs visés, elle limite les répercussions économiques de cette guerre commerciale larvée. Une situation qui conforte, pour l’heure, la relative résilience de l’économie française face aux aléas du commerce international.

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