Le 27 juillet 2025, l’Union européenne et les États-Unis ont signé un accord sur les droits de douane, suscitant des réactions partagées. Tandis que certains saluent le compromis, d’autres dénoncent une « capitulation » européenne. Les tensions sont vives autour de cet accord.
Cet accord prévoit une hausse des droits de douane sur les exportations européennes vers les États-Unis, passant de 10 % à 15 %. En plus de cette augmentation, l’Union européenne s’engage à acheter 750 milliards de dollars d’énergie américaine, notamment du gaz et du pétrole, et à investir 600 milliards de dollars dans l’économie américaine. Cet engagement majeur de l’UE soulève des préoccupations, notamment en ce qui concerne la souveraineté énergétique européenne et l’impact sur l'emploi.
L’accord semble avoir permis de mettre fin à une période d’incertitude, avec des produits comme l’acier et l’aluminium restant soumis à des tarifs inchangés. Lors de la présentation des détails de l’accord, Donald Trump a qualifié l’entente de « plus grand accord jamais signé », tandis que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a salué un « bon accord », indiquant que les deux puissances avaient convenu de lever certains droits de douane sur des produits spécifiques, tels que ceux liés à l’aéronautique.
Les critiques : une « capitulation » face aux États-Unis
L’accord a provoqué des réactions virulentes, en particulier de la part des partis de gauche et des Insoumis. Jean-Luc Mélenchon a qualifié cet accord de « honte » et a dénoncé ce qu’il considère comme une « soumission » aux États-Unis. Il estime que l’Europe a cédé sur des points cruciaux, notamment l’obligation d’acheter de l’énergie américaine. Selon lui, cet accord illustre l’échec de la politique libérale européenne, indique BFMTV.
Manuel Bompard et Éric Coquerel, membres de la France Insoumise, ont également exprimé leur désapprobation, parlant de « capitulation ». Bompard a ajouté que ce traité mettait en péril la souveraineté économique de l’Europe, notamment avec des achats d’énergie contraints, une situation qu’il considère comme inacceptable. Jean-Luc Mélenchon a souligné que cet accord marquait une rupture avec les principes d’indépendance économique de l’Europe.
Un soutien mitigé au sein des gouvernements européens pour cet accord sur les droits de douane
Pour Marine Le Pen, cet accord est un « fiasco politique, économique et moral ». La leader du Rassemblement National a dénoncé des « clauses asymétriques » que, selon elle, aucun gouvernement français ne devrait accepter. Elle a précisé que l’UE avait obtenu des conditions bien moins favorables que celles offertes au Royaume-Uni dans ses négociations avec les États-Unis. Selon elle, la France risque de perdre son indépendance commerciale au profit des intérêts américains.
Si l’accord a suscité une forte opposition, certains dirigeants européens l’ont accueilli plus favorablement. Friedrich Merz, chancelier allemand, a salué cet accord, estimant qu’il permettait de « préserver les intérêts fondamentaux de l’Europe » et d’éviter une guerre commerciale avec les États-Unis. De même, le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a jugé que l’accord mettait fin à une période d’incertitude et empêchait une escalade des tensions commerciales.
Cependant, des personnalités comme Giorgia Meloni, cheffe du gouvernement italien, ont pris une position plus prudente, insistant sur la nécessité de clarifier tous les détails avant de se prononcer définitivement. Catherine Colonna, ancienne ministre des Affaires étrangères, a également exprimé des réserves, soulignant qu’il était crucial de clarifier tous les aspects avant de juger l’accord dans son ensemble.








