Dette : L’agence de notation Fitch abaisse la note de la France, quelles seront les conséquences sur l’économie ?

L’agence de notation américaine Fitch a abaissé la note de la dette française.

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Dette : L’agence de notation Fitch abaisse la note de la France, quelles seront les conséquences ? Crédit : Canva | Econostrum.info

Le dossier de la dette en France occupe le devant de la scène. L’agence américaine de notation Fitch a annoncé, vendredi 12 septembre 2025, l’abaissement de la note de crédit de la France de AA- à A+, assortie d’une perspective stable. Cette décision intervient dans un contexte de tensions budgétaires persistantes et d’instabilité politique marquée.

Fitch explique que cette révision est motivée par la dégradation des finances publiques, l’incertitude sur la trajectoire budgétaire et les difficultés politiques internes. Dans son communiqué, l’agence souligne que « la chute du gouvernement lors d’un vote de confiance illustre la fragmentation et la polarisation croissante de la politique intérieure ».

Elle estime également que cette situation limite la capacité à engager des réformes permettant une consolidation des finances publiques. Fitch considère comme improbable l’objectif de ramener le déficit public sous 3 % du PIB en 2029. Le ministre sortant de l’Économie, Éric Lombard, a déclaré : « Je prends acte de la décision de Fitch de changer la note de la France de AA- à A+, décision motivée par la situation de nos finances publiques et l’incertitude politique, malgré la solidité de l’économie française. » Il a indiqué que le nouveau Premier ministre, Sébastien Lecornu, a lancé une série de consultations avec les forces politiques pour établir le budget 2026.

Réactions et conséquences financières de la baisse de la note de la dette 

La note A+ correspond à une catégorie dite de qualité moyenne supérieure, selon les standards des agences de notation. Fitch mentionne une dette publique qui pourrait atteindre, 121 % du PIB en 2027, contre 113,9 % à la fin mars 2025. Le déficit est projeté au-delà de 5 % du PIB en 2026 et 2027.

Stéphanie Villers, économiste, a rappelé que la décision était anticipée : « On l’avait vu venir, c’était attendu. Fitch avait déjà expliqué qu’elle surveillait la capacité de la France à assainir ses comptes publics. » Elle ajoute que « la consommation des ménages continue de patiner. Les Français n’ont pas le moral, ils épargnent beaucoup et consomment peu », ce qui pèse sur les recettes fiscales.

Selon Fitch, la situation politique pourrait affecter l’adoption rapide d’un budget crédible pour 2026. L’économiste estime également que l’abaissement de la note de la dette de la France pourrait entraîner une hausse progressive des taux d’intérêt, en particulier sur les crédits immobiliers. Stéphanie Villers précise néanmoins qu’« il n’y aura pas de choc brutal lundi à l’ouverture » sur les marchés, ceux-ci ayant déjà intégré l’annonce.

François Bayrou, ancien Premier ministre, a commenté que « un pays que ses ‘élites’ conduisent à refuser la vérité est condamné à en payer le prix ». De son côté, Éric Coquerel, président de la commission des Finances à l’Assemblée nationale, estime que cette dégradation est « le résultat de deux mois d’un discours catastrophiste sur la situation financière du pays ».

Moody’s et S\&P Global, les deux autres grandes agences de notation, doivent réévaluer la note de la France dans les semaines à venir. Fitch avait déjà abaissé la note française en avril 2023.

 

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