Le 28 novembre 2025, l’agence de notation S&P Global a décidé de maintenir la note souveraine de la dette de la France à A+, un mois après l’avoir abaissée d’un cran, le 17 octobre 2025.
Cette décision intervient dans un contexte de tensions autour du budget 2026, alors que la France fait face à une situation budgétaire difficile et des défis liés à la réduction du déficit public. Le ministre de l’Économie et des Finances, Roland Lescure, a réagi à cette annonce en soulignant leur engagement à ramener le déficit sous les 3 % du PIB d’ici 2029, malgré l’incertitude économique. Le ministre a déclaré qu’il « prenait acte » de la décision de S&P de maintenir la note et la perspective stable.
Un contexte budgétaire difficile
La France, confrontée à un déficit public de 5,4 % du PIB en 2025, doit encore adopter le projet de budget 2026. Cette situation a conduit S&P à baisser la note souveraine de la dette du pays en octobre, soulignant l’instabilité politique et l’incertitude sur l’avenir des finances publiques. L’agence de notation a également noté l’« incertitude élevée » qui pèse sur les finances françaises et sur la capacité du gouvernement à mener à bien les réformes nécessaires pour réduire le déficit.
Les précédentes décisions de notation ont également été prises par d’autres grandes agences. En septembre 2025, Fitch a dégradé la note de la France, pointant des finances publiques dégradées. En revanche, Moody’s a maintenu la note, bien que la perspective ait été abaissée à « négative ».
Le gouvernement s’engage à réduire le déficit pour ne pas creuser la dette
Le gouvernement français, tout en prenant acte de cette réévaluation par S&P, a réaffirmé sa volonté de réduire le déficit en poursuivant des réformes économiques, tout en maintenant une croissance relativement résiliente afin de na pas creuser la dette. Le ministre Lescure a souligné que le gouvernement cherchait à mettre en œuvre des politiques économiques équilibrées qui permettraient à la France de retrouver une trajectoire budgétaire plus stable.
En outre, la France a été comparée à d’autres pays de la zone euro, comme l’Espagne et le Portugal, qui bénéficient d’une meilleure évaluation de la part des agences de notation et empruntent à des taux plus bas sur les marchés financiers.
La situation actuelle est exacerbée par les débats parlementaires en cours. Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, ainsi que le budget de l’État, sont au centre des discussions. Le Sénat a commencé l’examen du projet de budget, sans certitude quant à la possibilité d’un compromis sur le contenu des textes. En parallèle, la Commission européenne a estimé que la France respectait ses engagements pour réduire le déficit public, mais a également souligné une « incertitude considérable » concernant la mise en œuvre des mesures prévues.
En conclusion, la décision de S&P de maintenir la note de la France à A+ dans un contexte économique tendu montre que l’agence reste prudente tout en surveillant les progrès du gouvernement. Toutefois, la situation demeure incertaine et les défis restent importants pour le pays en termes de politique budgétaire et de gestion des finances publiques.








