Les députés votent la réforme du métier d’infirmier : ce qui va changer

L’Assemblée nationale a adopté en première lecture une réforme du métier d’infirmier, visant à élargir leurs compétences et à mieux structurer leur rôle dans le système de santé.

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Infirmière ou aide-soignante soutenant un malade pour illustrer la réforme des infirmiers
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Les députés ont voté en première lecture une réforme du métier d’infirmier, introduisant des changements significatifs, dont la création d’une consultation infirmière et un droit de prescription encadré. Ce texte, attendu depuis près de deux ans, vise à adapter le rôle des 640 000 infirmiers et infirmières aux évolutions du système de santé et à répondre à la désertification médicale.

Face aux déserts médicaux et à la montée en charge des soins ambulatoires, les infirmiers voient leurs missions redéfinies pour correspondre aux besoins actuels du système de santé. La réforme clarifie leur rôle en officialisant des tâches qu’ils assument déjà, notamment en matière de soins curatifs, palliatifs et relationnels. Leur mission inclut également le suivi des patients et leur orientation dans le parcours de soins, la prévention et l’éducation thérapeutique, ainsi que la participation à la formation et à la recherche.

Parmi les évolutions majeures, la réforme instaure une consultation infirmière, accompagnée de la notion de diagnostic infirmier. Cette reconnaissance renforce l’autonomie des professionnels de santé, bien que des syndicats de médecins expriment leur inquiétude quant à une éventuelle redéfinition des compétences entre professions médicales et paramédicales.

Le texte octoit aux infirmiers le droit de prescription, mais…

L’un des points clés du texte est l’autorisation donnée aux infirmiers de prescrire certains produits, dont la liste sera définie par arrêté ministériel. Cette mesure vise à améliorer l’accès aux soins en permettant aux patients de bénéficier plus rapidement de prescriptions sans passer systématiquement par un médecin. Par ailleurs, les infirmiers en pratique avancée (IPA) pourront désormais exercer dans de nouveaux environnements, notamment en protection maternelle et infantile, en santé scolaire et dans l’aide sociale à l’enfance.

Une adoption consensuelle mais des revendications en suspens

Bien que le texte ait été adopté à une large majorité, plusieurs critiques persistent. Certains élus de l’opposition, notamment à gauche et à l’extrême droite, estiment que la réforme ne répond pas aux attentes en matière de rémunération et de formation des infirmiers. Deux amendements ont été adoptés pour exiger l’ouverture de négociations salariales en lien avec la refonte de leurs missions.

Le ministre de la Santé, Yannick Neuder, espère une adoption rapide du texte au Sénat afin d’enclencher dès septembre 2025 les négociations conventionnelles, comme le rapporte le Monde. Si cette réforme est perçue comme une avancée dans la reconnaissance du rôle des infirmiers, elle soulève aussi des interrogations sur les moyens qui seront réellement déployés pour accompagner ces nouvelles responsabilités.

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