Dépenses de l’État : une baisse de 16 % enregistrée en janvier

En l’absence de budget voté, l’État a réduit ses dépenses de 16 % en janvier 2025, soit une économie de 6,2 milliards d’euros par rapport à l’année précédente.

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Façade du ministère de l'Économie et des Finances, symbole de la gestion des dépenses publiques.
Dépenses de l’État : une baisse de 16 % enregistrée en janvier | Econostrum.info

L’année 2025 a commencé sous le signe de la restriction budgétaire pour l’État français. Privé d’un budget validé après la chute du gouvernement Barnier, l’exécutif a dû se conformer aux « services votés », un cadre de gestion stricte des finances publiques. Cette situation a entraîné une baisse drastique des dépenses de l’État en janvier, une première depuis plusieurs années.

En décembre 2024, faute d’accord parlementaire sur la loi de finances 2025, le gouvernement a fait adopter une loi spéciale permettant d’assurer le fonctionnement minimal de l’État. Cette mesure d’urgence garantissait le paiement des salaires des fonctionnaires, le recouvrement des impôts et le remboursement des dettes publiques, tout en limitant les nouvelles dépenses.

Concrètement, ce dispositif obligeait chaque ministère à ne pas dépasser les montants engagés en 2024 et à reporter toute dépense non essentielle. Résultat, les crédits consommés en janvier 2025 se sont limités à 32,3 milliards d’euros, contre 38,5 milliards d’euros en janvier 2024, soit une baisse de 16 %, détaille Le Monde.

La baisse des dépenses a eu un effet immédiat sur le déficit public

Cette réduction drastique des dépenses a eu un impact direct sur le déficit mensuel. Alors qu’il s’élevait à 25,7 milliards d’euros en janvier 2024, il est tombé à 17,3 milliards d’euros en janvier 2025. Cette contraction du déficit s’explique aussi par une hausse des recettes fiscales, portée par une meilleure collecte des impôts et une conjoncture économique légèrement plus favorable.

Ce chiffre est une bonne nouvelle pour les finances publiques, alors que la France fait face à une pression accrue de la Commission européenne pour ramener son déficit sous la barre des 3 % du PIB. Toutefois, cette situation reste temporaire, car certaines dépenses reportées en janvier devront être engagées plus tard dans l’année.

Un signal envoyé aux marchés et à Bruxelles

Cette baisse des dépenses publiques en janvier envoie un message positif aux marchés financiers, qui surveillent de près la capacité de la France à reprendre le contrôle de ses finances. Dans un contexte où les taux d’intérêt restent élevés, limiter l’endettement de l’État est un enjeu crucial pour éviter une hausse du coût de la dette.

Bruxelles pourrait également voir d’un bon œil cette discipline budgétaire, alors que la France doit présenter prochainement son programme de stabilité détaillant sa trajectoire de réduction du déficit. Cependant, la prudence reste de mise, car le but final pour l’année actuelle est encore loin d’être atteint pour le gouvernement Bayrou.

Si la baisse des dépenses en janvier semble être une réussite en termes de réduction du déficit, elle ne règle pas la question du financement des priorités nationales pour 2025. Les semaines à venir seront déterminantes pour savoir si cette rigueur forcée peut être transformée en une gestion budgétaire plus pérenne, ou si elle n’aura été qu’un ajustement temporaire avant une reprise des dépenses.

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