Alors que les droits de douane américains sont appliqués ce mercredi, Patrick Martin, le président du Medef, a exprimé ses préoccupations concernant un risque de déflation. Selon lui, une baisse généralisée des prix pourrait être plus déstabilisante pour l’économie que l’inflation.
Sur RTL, Patrick Martin, président du Medef, a mis en garde contre un phénomène économique qui pourrait s’avérer aussi inquiétant, voire plus que l’inflation : la déflation. Ce terme désigne une baisse générale des prix, qui, bien qu’apparaissant bénéfique à première vue pour les consommateurs, a des effets délétères sur l’économie. La déflation peut en effet ralentir la consommation et l’investissement, car les consommateurs, anticipant de futures baisses de prix, repoussent leurs achats. Elle peut également entraîner une réduction des marges des entreprises, et dans les cas extrêmes, mener à une récession économique.
Selon Patrick Martin, les effets de la guerre commerciale entre les États-Unis et plusieurs pays, notamment la France, pourraient entraîner ce phénomène économique, notamment à cause des droits de douane récemment imposés par Washington. La mise en place de ces taxes commerciales peut entraîner des fluctuations des prix sur les produits importés, notamment dans les secteurs de l’automobile, de l’agriculture et de l’industrie. Si ces hausses de prix affectent l’économie à court terme, elles risquent aussi de provoquer un recul des prix dans d’autres secteurs, en particulier en raison de la concurrence accrue que ces taxes génèrent.
Impact sur les entreprises et l’emploi
Le Medef alerte également sur les conséquences d’une déflation sur la compétitivité des entreprises françaises. En effet, la baisse des prix, couplée à des droits de douane élevés, pourrait réduire les marges bénéficiaires des entreprises, rendant plus difficile le maintien de leur rentabilité. Ce contexte, déjà compliqué par des coûts de production élevés et des taxes supplémentaires, pourrait obliger les entreprises à réduire leurs investissements et à ralentir leur production, ce qui aurait un impact direct sur l'emploi.
Les salaires pourraient aussi être affectés par la déflation. Lorsque les prix baissent de manière prolongée, les entreprises sont souvent contraintes de réduire leur masse salariale pour maintenir leur compétitivité, ce qui engendre des licenciements et une réduction du pouvoir d’achat des travailleurs. Cette spirale économique négative pourrait entraîner une récession si les conditions persistent.
La guerre commerciale comme facteur aggravant
Les récents droits de douane imposés par Donald Trump dans le cadre de la guerre commerciale, en particulier sur des produits comme l’acier, l’automobile et certains produits agricoles, sont perçus comme une menace pour l’économie mondiale. Patrick Martin souligne que ces nouvelles taxes commerciales pourraient faire office de frein supplémentaire à l’activité économique, déjà affaiblie par d’autres crises économiques, notamment liées à la pandémie de COVID-19.
En effet, ces droits de douane sont souvent répercutés sur les prix des produits, augmentant ainsi le coût pour les consommateurs. Si la demande pour ces produits diminue en conséquence, cela pourrait provoquer une chute des prix dans d’autres secteurs, ce qui accentuerait le risque de déflation. De plus, les conflits commerciaux ont souvent des répercussions sur les marchés financiers, créant des incertitudes qui affectent les décisions d’investissement à long terme. Cette instabilité supplémentaire peut affaiblir davantage les entreprises et leur capacité à se maintenir compétitives à l’international.
Faut-il craindre la déflation ?
La question reste ouverte : la déflation est-elle réellement plus dangereuse que l’inflation ? Selon Patrick Martin, dans le contexte économique actuel, la déflation pourrait être un désastre pour les entreprises françaises, dont les marges sont déjà sous pression. Contrairement à l’inflation, qui permet aux entreprises d’augmenter leurs prix pour compenser la hausse de leurs coûts, la déflation fait baisser les prix, et donc les revenus des entreprises, sans qu’elles puissent ajuster leurs prix de vente.
Cela pourrait rendre les investissements moins rentables, décourageant ainsi la croissance et l’innovation. L’une des principales préoccupations face à la déflation est son effet auto-entretenu : une baisse des prix entraîne une baisse de la consommation, qui elle-même réduit la demande et provoque une nouvelle chute des prix. Ce cercle vicieux peut mener à une crise économique prolongée, comme l’ont montré les exemples historiques de la Grande Dépression.








