Déficit public : ces baisses d’impôts qui plombent les finances de la France depuis 2017

Derrière la hausse du déficit, une stratégie fiscale assumée qui fragilise les comptes publics.

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Déficit public : ces baisses d’impôts qui plombent les finances de la France depuis 2017. Crédit : Canva | Econostrum.info

Depuis 2017, les finances publiques françaises s’enfoncent dans le rouge. Une dynamique que les experts attribuent non pas aux dépenses, mais à des choix fiscaux assumés. Le lien entre baisse des recettes et hausse du déficit se précise. Une alerte que le gouvernement ne pourra plus ignorer.

Le creusement du déficit public français depuis 2017 ne s’explique pas par une explosion des dépenses publiques, mais par une baisse importante des recettes fiscales, selon une note publiée le 11 juillet par l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Depuis l’élection d’Emmanuel Macron, plusieurs mesures ont été mises en place pour alléger la pression fiscale sur les ménages et les entreprises. La suppression progressive de la taxe d’habitation sur les résidences principales et la réduction des cotisations sociales patronales figurent parmi les décisions majeures à l’origine de cette évolution.

L’OFCE précise que cette trajectoire fiscale a conduit à une baisse du taux des prélèvements obligatoires, creusant un déséquilibre budgétaire progressif. Contrairement aux discours sur une gestion laxiste des dépenses, les chercheurs affirment que la dérive du déficit n’est pas due à une flambée des dépenses, mais bien à une érosion volontaire des recettes. Depuis 2019, cet écart avec la moyenne de la zone euro s’est accentué, positionnant la France en décalage avec ses partenaires européens.

Des prévisions de déficit et de chômage inquiétantes

Les projections de l’OFCE, fondées sur le Plan structurel à moyen terme (PSMT) remis à la Commission européenne, annoncent un pic d’endettement à 121,7 % du PIB en 2029. Dans le même temps, le taux de chômage, aujourd’hui estimé à 7,4 %, devrait s’établir à 8,1 % d’ici fin 2025, puis grimper à 8,9 % en 2026, avant de se stabiliser autour de 9 % entre 2027 et 2029. Ce niveau devrait commencer à reculer à partir de 2030, selon les estimations du centre de recherche.

Pour contenir la dette à un seuil plus acceptable, soit 110 % du PIB, les économistes évaluent l’ajustement budgétaire nécessaire à 100 milliards d’euros d’ici à 2029. Un chiffre corroboré par la Cour des comptes, qui estime à 105 milliards d’euros l’effort requis pour ramener le déficit public sous la barre des 3 % du PIB, conformément aux engagements de la France auprès de l’Union européenne.

Une réponse gouvernementale attendue

Face à ce constat, l’exécutif se prépare à une phase de rigueur budgétaire. Le Premier ministre François Bayrou doit présenter mardi un plan de redressement des finances publiques, dont le premier jalon est la recherche de 40 milliards d’euros d’économies dans le budget 2026, qui sera soumis au Parlement à l’automne. Cet objectif, s’il est tenu, ne couvrirait qu’une partie de l’ajustement recommandé, laissant entrevoir de nouvelles mesures à venir dans les prochaines lois de finances. Le débat s’annonce délicat, à l’heure où les marges de manœuvre sociales sont déjà contraintes.

 

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