Le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, a abordé la question du réarmement de la France et des besoins croissants pour maintenir et renforcer les capacités militaires du pays. Dans une interview accordée à La Tribune Dimanche, il a insisté sur la nécessité de doubler le budget de la défense pour répondre aux nouveaux défis géopolitiques et technologiques.
Sébastien Lecornu a exprimé que le budget actuel de 50,5 milliards d’euros pour 2025, bien qu’important, ne serait pas suffisant face aux exigences de défense moderne. « Nous sommes déjà capables de faire beaucoup de choses avec les 50,5 milliards d’euros (de budget annuel de 2025) mais ce n’est pas suffisant », a-t-il souligné, ajoutant que la priorité réside désormais dans « le rythme, la vitesse de notre réarmement ». Le ministre a expliqué que l’objectif serait de rendre les armées françaises capables de répondre à un engagement européen majeur pour protéger le continent tout en assurant des efforts de défense et de dissuasion.
Un budget ambitieux pour le réarmement et des priorités stratégiques
Lecornu a estimé qu’un budget annuel de 100 milliards d’euros serait l’objectif idéal pour garantir une capacité militaire de qualité sur le long terme. « Si l’on veut reconquérir nos capacités de manœuvre dans la durée tout en répondant souverainement aux enjeux posés par les nouvelles technologies, il est clair qu’un horizon autour de 100 milliards d’euros par an constituerait le poids de forme idéal pour les armées françaises », a-t-il affirmé.
Bien que l’objectif d’atteindre 5 % du PIB pour les dépenses militaires, soit environ 140-150 milliards d’euros, reste souhaité, Lecornu estime que ce chiffre ne serait pas raisonnable. « L’objectif souvent cité dans les médias d’atteindre les 5% de PIB nous amènerait à 140-150 milliards d’euros de budget annuel. J’adorerais que ce seuil soit atteint, mais ce ne serait pas raisonnable », a déclaré le ministre. Le budget de la défense doit selon lui atteindre 68 milliards d’euros en 2030, mais l’atteinte de 100 milliards d’euros par an offrirait une meilleure résilience face aux défis à venir.
Les priorités pour cet investissement supplémentaire incluent la guerre électronique, l’intelligence artificielle, la robotisation et la dronisation des armées. Le ministre a également mentionné l’importance des munitions et des systèmes spatiaux pour renforcer la puissance de défense de la France face à de nouveaux types de menaces.
Le ministre Lecornu a rassuré sur le fait que ces investissements ne seraient pas incompatibles avec la préservation des modèles sociaux du pays. Il a souligné que la dépense militaire contribue activement à l’économie, en générant plus de 200 000 emplois directs ou indirects. « La dépense militaire rapporte beaucoup en France », a-t-il précisé.
Les discussions sur le financement de la défense et la souveraineté nationale seront au cœur des débats parlementaires, avec un projet de loi attendu en avril sur les dépenses publiques. Ces initiatives s’inscrivent dans un contexte européen où l’on observe un renforcement des capacités de défense collective, avec un « plan de 800 milliards d’euros pour la défense européenne » récemment annoncé par Ursula von der Leyen.








