La Banque de France table sur une croissance modérée pour les trois premiers mois de 2025. Si certains signes de reprise sont visibles, notamment dans les services, d’autres secteurs restent à la peine. Cette évolution, bien que positive, s’inscrit dans un contexte économique incertain, marqué par des doutes sur la reprise mondiale et des tensions géopolitiques croissantes.
L’enquête conjoncturelle de la Banque de France, réalisée entre le 29 janvier et le 5 février, montre une progression du PIB comprise entre 0,1 % et 0,2 % sur les trois premiers mois de l’année. Cette dynamique repose principalement sur le secteur des services, qui demeure le principal moteur de l’activité économique française.
L’industrie, quant à elle, connaît une situation plus contrastée. Si le secteur automobile profite d’un effet de rattrapage, après des fermetures prolongées en décembre, d’autres branches comme la métallurgie et la chimie peinent à retrouver un rythme soutenu. De plus, les carnets de commandes restent peu remplis dans plusieurs industries, en particulier dans le plastique et la construction.
Le bâtiment en difficulté face à une demande attentiste
Le secteur du bâtiment, souvent considéré comme un indicateur avancé de l’économie, montre des signes de faiblesse. Les entreprises signalent une demande en berne, aussi bien pour le logement individuel que pour les marchés publics. Cette situation s’explique en partie par les incertitudes autour des dispositifs d’aide, comme MaPrimeRénov’ ou le prêt à taux zéro, dont l’avenir reste flou après des débats budgétaires prolongés.
Les professionnels du secteur pointent également un attentisme des acheteurs, refroidis par la hausse des taux d’intérêt et l’augmentation des coûts de construction. En conséquence, l’activité dans le bâtiment pourrait enregistrer un léger recul sur les premiers mois de l’année.
Des incertitudes commerciales qui freinent la reprise
Outre les difficultés internes, l’économie française fait face à des risques externes croissants. L’un des principaux points de tension concerne la relation commerciale entre l’Europe et les États-Unis. Le président Donald Trump a récemment annoncé une hausse des droits de douane sur l’acier et l’aluminium, ce qui pourrait pénaliser certains secteurs industriels français.
Cette décision s’inscrit dans un climat de tensions économiques grandissant entre les grandes puissances. Si l’Union européenne a promis une réponse ferme, l’incertitude autour d’une possible escalade des mesures protectionnistes pèse sur la confiance des entreprises exportatrices.
Une croissance annuelle modérée selon les prévisions
Malgré ces défis, la Banque de France maintient une prévision de croissance annuelle de 0,9 % en 2025, un niveau équivalent aux estimations du gouvernement. L’Insee, de son côté, anticipe une croissance de 0,2 % par trimestre sur les six premiers mois de l’année, rapporte BFMTV.
Sur le front de l’inflation, les tensions observées ces dernières années semblent s’apaiser. La proportion d’entreprises ayant augmenté leurs prix en janvier est revenue à un niveau proche de celui d’avant la pandémie. De plus, les difficultés de recrutement diminuent, bien que le marché du travail reste fragile, avec une hausse du chômage dans certains secteurs.
Un environnement économique fragile mais résilient
Si la croissance française montre des signes de reprise, elle demeure faible et exposée à des risques importants. Les tensions commerciales, l’incertitude budgétaire et les fragilités du marché de l’emploi sont autant de défis qui pourraient ralentir la dynamique observée.
Dans les mois à venir, l’évolution de la politique budgétaire, la stabilisation des tensions internationales et la capacité des entreprises à s’adapter à cet environnement complexe seront déterminantes pour l’économie française. Si ces conditions s’améliorent, la croissance pourrait gagner en vigueur au second semestre.