Les principaux instituts économiques allemands ont révisé leurs prévisions de croissance pour 2026 et 2027, indiquant une forte baisse. Dans un communiqué publié le 1er avril 2026, ces instituts ont abaissé la prévision de croissance à 0,6% pour 2026 et 0,9% pour 2027, soit une réduction de plus de 2% par rapport aux prévisions précédentes.
Ces révisions sont dues en grande partie à l’impact du conflit au Moyen-Orient, notamment la hausse des prix de l’énergie et les perturbations des approvisionnements en pétrole. Timo Wollmershäuser, économiste à l’institut ifo, a expliqué que le « choc des prix de l’énergie dans le sillage de la guerre en Iran frappe durement la reprise ». Cette situation a non seulement affecté la dynamique industrielle allemande, mais a aussi perturbé les exportations et les investissements des entreprises. Le pays, qui espérait un rebond après plusieurs années de stagnation économique, se voit désormais confronté à des prévisions de croissance bien plus faibles qu’espéré.
Le secteur industriel allemand, moteur historique de l’économie, traverse une crise profonde. En plus de l’augmentation des coûts énergétiques, le pays fait face à une concurrence accrue des industriels chinois, qui offrent des produits à des prix plus compétitifs. Les suppressions d'emplois dans l’industrie, notamment 250 000 destructions depuis 2019, ont exacerbé cette situation. Selon le rapport des instituts, ce contexte fragilise encore davantage l’économie allemande, qui voit ses plans de redressement s’éloigner.
La croissance en France résiste mieux grâce à son secteur énergétique
En comparaison, la France semble moins exposée aux effets du choc énergétique. Selon la Banque de France, bien que la révision de la croissance soit également à la baisse pour 2026, la France devrait éviter la récession. La prévision de croissance française a été ajustée à 0,9% pour 2026, contre 1% initialement prévu. La France bénéficie d’une dépendance moindre vis-à-vis des énergies fossiles, ce qui l’a aidée à mieux gérer l’augmentation des prix du pétrole et du gaz.
En France, la bonne dynamique économique en début d’année, couplée à une moindre vulnérabilité face à la hausse des prix de l’énergie, a permis à l’économie de mieux résister. Cependant, la hausse des prix de l’énergie pèse sur l’inflation et limite la consommation, affectant ainsi le pouvoir d’achat. Les prévisions de la Banque de France indiquent que si les perturbations liées aux hydrocarbures se prolongent, la croissance pourrait encore être plus modérée, avec une possibilité de baisse à 0,3% dans le scénario le plus défavorable.
Bien que la France fasse face à des défis similaires en termes d’inflation et de ralentissement économique, sa position plus forte en matière d’approvisionnement énergétique lui permet de mieux supporter les conséquences du conflit au Moyen-Orient. Les perspectives de croissance restent ainsi relativement stables, surtout en comparaison avec l’Allemagne, qui traverse une période de crise économique plus profonde.








