L’année 2024 a été marquée par des turbulences pour l’économie française, avec un recul de la croissance et une hausse du déficit public. En 2025, la situation ne semble pas s’améliorer, et l’économie française continue de souffrir.
L’économie française, après avoir traversé un quatrième trimestre 2024 marqué par un repli de 0,1 %, entame l’année 2025 sur un rythme tout aussi modéré. Selon les derniers chiffres publiés par l’Insee, le produit intérieur brut (PIB) a progressé de seulement 0,1 % au premier trimestre, une performance qui, bien qu’en territoire positif, ne permet pas d’envisager une reprise franche. Ce faible taux de croissance, conforme aux prévisions de l’Institut de la statistique, évite à la France une récession technique, mais ne masque pas les fragilités structurelles de l’économie.
« Le chiffre est tombé : La croissance au premier trimestre 2025 est de 0,1%, conforme à nos prévisions. Nous sommes en bonne voie pour atteindre les 0,7 % en 2025 » assure le ministre @Eric_R_Lombard pic.twitter.com/2idAoC1Yue
— Sud Radio (@SudRadio) April 30, 2025
L’absence de moteurs de croissance
L’un des faits marquants de cette période est l’absence de moteurs traditionnels de la croissance. En dehors des stocks, qui ont apporté une contribution positive de 0,5 % au PIB, l’économie française semble à l’arrêt. Les entreprises, manquant de visibilité face à des tensions internationales croissantes, ont adopté une posture prudente, freinant ainsi l’investissement productif, qui a chuté de 0,1 % au cours des trois premiers mois de l’année.
Les ménages, pourtant soulagés par un recul de l’inflation, ont limité leurs dépenses. Les dépenses en biens des Français ont en effet chuté de 1 % en volume en mars, atteignant leur plus bas niveau depuis novembre 2014, à l’exception des périodes de crise sanitaire. Cette stagnation de la consommation, moteur principal de l’économie, vient ajouter à l’incertitude.
Des prévisions économiques à la baisse
Autre facteur ayant pesé sur la croissance au premier trimestre : le commerce extérieur. Après avoir soutenu l’économie en 2024, il a contribué négativement à la croissance, avec des exportations en repli de 0,7 % et des importations en hausse de 0,4 %. Ce retournement des échanges extérieurs est lié aux tensions géopolitiques, notamment la guerre commerciale menée par les États-Unis sous l’administration Trump.
Le gouvernement a dû réviser ses prévisions de croissance à 0,7 % pour 2025, contre 0,9 % précédemment. Cette révision est en grande partie attribuable à l’instabilité économique internationale, exacerbée par l’introduction de nouveaux droits de douane américains. Selon François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, il existe une « tendance au ralentissement » de l’économie, une opinion partagée par plusieurs institutions économiques qui prévoient une croissance inférieure à 1 % pour cette année.
Après une année 2024 particulièrement difficile pour l’économie française, 2025 s’annonce tout aussi tendue, avec de nombreux défis à relever et des objectifs difficiles à atteindre sans sacrifices importants.








