Les acquéreurs respirent enfin : forte chute de l’apport exigé pour un crédit immobilier

L’apport personnel exigé pour un crédit immobilier est passé de 38 % à 28 % en deux ans, offrant enfin un peu d’air aux acheteurs.

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Crédit immobilier
Immobilier : comment les taux de crédits évolueront en 2026 ? Crédit : Canva | Econostrum.info

Après plusieurs années de durcissement des conditions d’emprunt, les banques semblent désormais plus conciliantes. Selon des données de Finance Conseil, l’apport personnel exigé pour obtenir un crédit immobilier a fortement reculé. Il est passé en moyenne de 38 % du montant du prêt en 2023 à 28 % en 2025.

Cette évolution marque un net changement dans la stratégie des établissements bancaires, qui s’étaient montrés particulièrement prudents au plus fort de la hausse des taux. Pour de nombreux ménages, cette baisse représente une bouffée d’air bienvenue après des années de tension sur le marché immobilier.

Des apports en forte baisse, surtout pour les primo-accédants

Selon le courtier Finance Conseil, cité par BFM, l’apport moyen, tous profils confondus, est tombé de 63 700 euros en 2023 à 51 800 euros en octobre 2025. Mais c’est chez les primo-accédants que la chute est la plus spectaculaire, avec un apport moyen passé de 44 700 euros à 28 600 euros sur la même période.

Certaines régions se démarquent particulièrement. Dans les Hauts-de-France, l’apport moyen des primo-accédants s’élève à 13 900 euros, soit une baisse de 25 000 euros en un an seulement. Les montants sont également faibles dans le nord de la Nouvelle-Aquitaine (14 300 euros) et en Occitanie (23 800 euros). À l’inverse, les régions les plus chères restent l’Île-de-France (66 800 euros), la Provence-Alpes-Côte d’Azur (56 200 euros) et la Rhône-Alpes (41 000 euros), détaille BFM.

Un apport sous la barre symbolique des 20 %

Pour les primo-accédants, le poids de l’apport dans le financement repasse sous le seuil symbolique de 18 % du montant du crédit. Pour l’ensemble des emprunteurs, il s’établit en moyenne à 182%, contre 38 % deux ans plus tôt.

Ce mouvement traduit une volonté de relancer la demande, alors que la hausse des taux d’intérêt avait freiné de nombreux projets d’achat. Certaines banques semblent désormais prêtes à revoir leur stratégie pour attirer à nouveau les clients, notamment les jeunes ménages qui avaient été exclus du crédit.

Les crédits sans apport refont surface

Les prêts dits « à 110 % », qui financent non seulement le bien immobilier, mais aussi les frais annexes (notaire, garantie, etc.), refont timidement leur apparition. Ces crédits représentaient un tiers des dossiers il y a cinq ans, avant de disparaître pendant la crise inflationniste. Aujourd’hui, ils ne concernent plus que moins de 10 % des dossiers, selon le courtier Cafpi.

Ces prêts restent néanmoins réservés à des profils très solides : jeunes actifs à fort potentiel ou fonctionnaires bénéficiant d’une stabilité professionnelle. Les autres emprunteurs doivent encore présenter un apport, même réduit.

La baisse de l’apport ne signifie pas que le crédit redevient facile à obtenir, mais elle traduit un assouplissement réel du marché. Les banques n’ont pas toutes les mêmes critères, et la concurrence joue à plein : là où certaines exigent encore des efforts importants, d’autres se montrent bien plus ouvertes.

En somme, ce recul de l’apport moyen constitue un signal positif pour le marché immobilier français. Il ne s’agit pas encore d’un véritable tournant, mais d’une tendance encourageante qui pourrait, à terme, redonner confiance aux acheteurs.

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