En 2024, seulement 41,9 % des ménages détenaient un crédit immobilier ou à la consommation, un niveau historiquement bas depuis 1989. La hausse des taux d’intérêt, la situation économique incertaine et les inquiétudes liées à l’emploi expliquent en grande partie cette réticence à emprunter. Malgré une légère amélioration du moral des ménages, les intentions de souscription de crédits restent limitées.
Selon l’Observatoire des crédits aux ménages, la part des foyers ayant au moins un emprunt n’a jamais été aussi faible depuis plus de 35 ans. En 2020, 24,9 % des ménages détenaient un crédit à la consommation, contre seulement 19 % en 2024. La baisse touche particulièrement les crédits auto, travaux et personnels, tandis que le crédit immobilier se maintient avec 29,7 % des ménages concernés.
Le nombre total de ménages ayant un prêt a diminué de plus d’un million en quatre ans. Aujourd’hui, 13 millions de foyers remboursent au moins un crédit, dont 22,9 % uniquement un prêt immobilier, 12,2 % un crédit à la consommation, et 6,8 % une combinaison des deux.
Les demandes de crédit immobilier ou à la consommation freinés par la conjoncture économique
L’augmentation des taux d’intérêt et l’incertitude sur le marché de l’emploi freinent la demande de crédits. De nombreux ménages hésitent à s’engager sur le long terme face à un environnement économique instable. Cette prudence pèse sur les projets d’achat immobilier et de consommation, ralentissant ainsi l’activité du crédit.
Par ailleurs, les banques appliquent des critères plus stricts pour accorder des prêts, ce qui limite l’accès au financement pour certains ménages. Cette situation accentue le ralentissement du marché du crédit, notamment dans l’immobilier où les conditions d’emprunt sont devenues plus contraignantes.
Une légère amélioration du moral des emprunteurs
Malgré ces freins, l’Observatoire des crédits aux ménages relève un léger regain de confiance. En 2024, 50,7 % des Français estiment que leurs mensualités sont supportables, contre 49,9 % en 2023. Ce sentiment d’amélioration pourrait encourager une reprise progressive des demandes de crédits, bien que les ménages restent globalement prudents.
Les intentions de souscription sont en légère hausse, avec 3,7 % des ménages envisageant un prêt à la consommation et 3,1 % un crédit immobilier. Toutefois, les incertitudes économiques persistent et pourraient freiner la concrétisation de ces projets.
Alors que l’environnement économique reste instable, le marché du crédit continue de ralentir. Si les ménages montrent un certain intérêt pour l’emprunt, la réalité des conditions de financement pourrait limiter la reprise. La question reste ouverte : l’amélioration du moral des Français suffira-t-elle à relancer la demande de crédits dans les mois à venir ?