La BCE a une nouvelle fois réduit ses taux directeurs, influençant ainsi les conditions de financement des banques. Cette baisse pourrait se traduire par des réductions supplémentaires des taux de crédit immobilier, ce qui est une excellente nouvelle pour les emprunteurs. Cependant, il reste des interrogations sur l’ampleur de cette baisse et ses effets sur les taux à long terme, surtout dans un contexte géopolitique incertain.
Depuis juin 2024, la BCE a diminué ses taux à six reprises, ce qui a permis aux taux des crédits immobiliers de baisser progressivement. En moyenne, le taux d’un crédit immobilier sur 20 ans a diminué d’environ 1 point sur les 12 derniers mois, atteignant aujourd’hui 3%. Cette baisse est directement liée aux décisions de la BCE, car les banques se financent en partie à ce taux. Lorsque la BCE abaisse ses taux, les établissements bancaires répercutent cette baisse sur les emprunteurs, rendant les crédits immobiliers plus accessibles.
Une concurrence accrue entre les banques
En réaction à ces baisses, les banques se livrent une concurrence féroce, en particulier pour attirer les primo-accédants. Par exemple, plusieurs établissements, comme le Crédit Agricole ou le Crédit Mutuel, offrent des taux bonifiés ou des prêts à taux réduit pouvant atteindre des niveaux aussi bas que 0,99% pour des prêts à long terme. Cela permet aux ménages, surtout ceux qui n’ont pas d’apport conséquent, de bénéficier de taux très attractifs, bien que les profils avec des revenus confortables puissent bénéficier de taux encore plus bas.
Les experts s’accordent à dire que la baisse des taux pourrait continuer en 2025, mais jusqu’où iront-ils ? Selon les dires de Caroline Arnould, directrice générale de Cafpi, auprès de Capital, le taux moyen pour les prêts sur 20 ans pourrait atteindre 2,70% d’ici la fin de l’année, ce qui offrirait un pouvoir d’achat supplémentaire pour de nombreux emprunteurs. Toutefois, certains économistes, comme Maël Bernier de Meilleurtaux, restent plus prudents, estimant que les banques pourraient être réticentes à offrir des taux inférieurs à 3% à cause de l’évolution des OAT (obligations assimilables du Trésor), dont les taux sont en hausse.
Les défis d’une baisse continue des taux de crédit immobilier dans un contexte économique tendu
Il est important de noter que, malgré des prévisions de baisse, certains facteurs externes pourraient freiner cette tendance. Le contexte géopolitique actuel et l’inflation sont des éléments qui risquent de perturber cette dynamique. Par exemple, les tensions sur le marché obligataire, avec une remontée des rendements des OAT, pourraient inciter certaines banques à relever leurs taux à court terme pour se protéger contre des risques accrus. Cette instabilité pourrait nuire à une baisse plus rapide et soutenue des taux de crédit immobilier.
Les baisse des taux directeurs décidée par la BCE ouvre la voie à des taux de crédit immobilier plus bas, bien qu’une certaine prudence soit de mise. Si certains experts estiment que les taux pourraient descendre sous la barre des 3% d’ici la fin de 2025, les incertitudes économiques, notamment les tensions géopolitiques et les évolutions du marché obligataire, pourraient limiter cette baisse. Dans tous les cas, les emprunteurs peuvent profiter de conditions de financement favorables, surtout ceux qui sont en mesure de profiter des offres attractives proposées par les banques.








