Contrôle technique des deux-roues : la révision européenne change-t-elle la donne pour les motards ?

La révision européenne du contrôle technique des deux-roues marque-t-elle un vrai changement pour les motards français ?

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Contrôle technique deux-roues
Contrôle technique des deux-roues : la révision européenne change-t-elle la donne pour les motards ? | Econostrum.info

L’Union européenne vient de revoir sa position sur le contrôle technique des motos, un signal accueilli favorablement par les organisations de motards. Cette évolution marque-t-elle enfin un tournant pour les deux-roues motorisés ? Pas si sûr. Car si Bruxelles assouplit son cadre, la situation française, elle, ne bouge pas. Pourquoi cette révision européenne ne change-t-elle rien pour les motards en France, malgré les espoirs suscités par la Fédération française des motards en colère (FFMC) ?

Depuis plusieurs mois, la Commission européenne travaillait à une révision du cadre législatif relatif aux contrôles techniques et aux inspections routières des véhicules. En décembre 2025, le Conseil de l’Union européenne a arrêté sa position sur cette réforme, en rejetant notamment l’idée d’un contrôle technique annuel obligatoire pour les motos les plus anciennes et en maintenant la possibilité pour les États membres de recourir à des mesures alternatives pour les deux-roues motorisés.

Cette position s’inscrit dans la continuité de la directive 2014/45/UE, qui prévoit bien un contrôle technique pour les motos de plus de 125 cm³, mais laisse aux États membres une marge d’appréciation importante sur la manière de garantir la sécurité routière. L’Union européenne n’a donc pas imposé de nouvelle obligation généralisée pour les motos, ni renforcé le calendrier ou la fréquence des contrôles existants.

Une « bonne nouvelle » pour les motards européens selon la FFMC

La Fédération française des motards en colère s’est rapidement félicitée de cette clarification européenne. Pour la FFMC, cette révision confirme que l’Europe ne considère pas le contrôle technique des motos comme un outil indispensable ou prioritaire de sécurité routière. L’organisation rappelle régulièrement que les études européennes montrent que l’état mécanique des deux-roues est très rarement à l’origine des accidents graves, loin derrière les infrastructures ou le comportement des autres usagers.

Aux yeux de la FFMC, la position du Conseil européen démontre également que les rumeurs d’un durcissement imminent du contrôle technique moto à l’échelle de l’Union étaient infondées. En ce sens, la révision européenne est perçue comme une victoire politique pour les associations de motards, qui militent depuis des années contre une généralisation de ces contrôles.

Pourquoi cela ne change rien pour les deux-roues en France

Comme le précise Auto Moto Deux-Roues, malgré cette évolution au niveau européen, la situation française reste inchangée. La France a déjà transposé la directive européenne dans son droit national et a choisi d’instaurer un contrôle technique obligatoire pour les deux-roues motorisés. Cette obligation découle directement d’une décision du Conseil d’État, qui a validé en 2025 le dispositif réglementaire après plusieurs recours déposés par des associations de motards, dont la FFMC.

Contrairement à d’autres États membres qui ont opté pour des mesures alternatives, la France a fait le choix d’un contrôle technique périodique, avec un calendrier progressif d’entrée en vigueur. La récente révision européenne ne remet pas en cause ce cadre, car elle ne supprime ni n’interdit les dispositifs nationaux déjà en place. En clair, l’Europe autorise, mais n’impose pas, et la France a déjà tranché.

Pour la FFMC, cette situation est frustrante. L’organisation continue de dénoncer une mesure qu’elle juge inefficace et déconnectée des réalités de la sécurité routière, tout en appelant à privilégier la prévention, la formation et l’amélioration des infrastructures. Mais à ce stade, la révision européenne ne constitue pas un levier suffisant pour infléchir la politique française.

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