Consommation : l’épargne explose, les dépenses reculent en France

Devant une crise multidimensionnelle qui persiste, les Français ont réduit leur consommation.

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Consommation : l’épargne explose, les dépenses reculent en France. Crédit : Canva | Econostrum.info

Les ménages français ont réduit leurs dépenses de consommation dans plusieurs secteurs, notamment l’alimentation et le textile. Cette tendance s’accompagne d’une augmentation de l’épargne, dans un contexte économique et politique marqué par l’incertitude.

Les données publiées par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) indiquent que la consommation reste inférieure à celle observée dans d’autres pays européens. Dorian Roucher, chef du département de la conjoncture à l’Insee, souligne que la consommation progresse moins vite que le pouvoir d’achat.

Les biens sont particulièrement touchés, notamment les produits alimentaires, où la baisse cumulée atteint 8 % depuis 2022. Cette évolution est liée à la hausse des prix survenue après le début de la guerre en Ukraine. Les ménages réduisent leurs achats de fruits, légumes et viande frais, remplacés par des produits moins coûteux comme les œufs, les pâtes et les plats préparés. Le secteur du textile enregistre également une diminution notable des ventes, tout comme celui de l’automobile, affecté par une attente liée à la transition technologique.

L’épargne progresse dans un climat d’incertitude qui plombe la consommation

Les Français adoptent un comportement plus prudent face à la conjoncture actuelle. Selon l’Insee, la confiance des ménages, qui s’était redressée au cours de l’année 2024, a reculé presque continuellement depuis l’été. Dorian Roucher constate que la population française reste plus pessimiste que ses voisins européens, alors que les salaires sont en hausse et que le marché du travail résiste mieux qu’attendu. L’économiste Maxime Darmet, d’Allianz Trade, estime que cette attitude relève en partie de facteurs psychologiques.

Le taux d’épargne des ménages atteint désormais 18,5 %, contre 18,2 % l’année précédente. Ce niveau constitue un record en dehors des périodes de crise sanitaire. La progression de ce taux est attribuée pour moitié à la hausse des revenus du patrimoine, favorisée par la remontée des taux d’intérêt, et pour l’autre moitié à un climat d’incertitude persistant. Selon Dorian Roucher, les retraités représentent une part importante de cette hausse, en raison de la revalorisation de leurs pensions.

La consommation des ménages devrait progresser de 0,5 % en 2025, contre 1 % l’an dernier, tandis que le pouvoir d’achat augmenterait de 0,8 %. L’Insee prévoit que cette tendance ne s’inversera pas d’ici la fin de l’année. Les économistes Maxime Darmet et Stéphane Colliac, de BNP Paribas, estiment que le taux d’épargne pourrait rester élevé jusqu’en 2027, tandis que la croissance de la consommation devrait se stabiliser autour de 1 % par an. Les changements de comportement observés depuis la pandémie et la crise énergétique semblent durables, notamment dans la réduction de la consommation d’énergie et l’intérêt croissant pour la restauration à emporter.

 

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