Si les cinq semaines de congés annuels paraissent insuffisantes, une alternative existe pour s’absenter sans perte de salaire. Il s’agit du congé de formation économique, sociale, environnementale et syndicale (CFESES), un dispositif ouvert à tous les salariés et même aux demandeurs d’emploi.
Peu connu du grand public, le CFESES permet à tout salarié de bénéficier de jusqu’à 12 jours de congés rémunérés par an pour suivre une formation encadrée par un organisme agréé. L’objectif est d’acquérir des compétences en lien avec la vie économique, sociale, environnementale ou syndicale. Contrairement aux idées reçues, ce congé n’est pas réservé aux adhérents d’un syndicat ni aux représentants du personnel.
Toute personne en emploi peut en faire la demande, sans exigence d’ancienneté dans l’entreprise. Les demandeurs d’emploi peuvent également en bénéficier tout en continuant de percevoir leurs indemnités, à condition de choisir une formation reconnue et encadrée par un organisme agréé.
Une demande simple à adresser à l’employeur
Obtenir ce congé est relativement simple. Il suffit d’adresser une demande écrite à son employeur au moins 30 jours avant la formation, en précisant la date, la durée et l’organisme responsable du programme. En principe, l’employeur ne peut pas s’opposer à la demande, sauf si l’absence du salarié risque de perturber gravement l’activité de l’entreprise.
Dans ce cas, le refus doit être motivé et validé par le Comité social et économique (CSE). Un autre avantage de ce congé est qu’il est considéré comme du temps de travail effectif, ce qui signifie qu’il n’a aucun impact négatif sur le calcul des congés payés ou des droits à la retraite. Les formations accessibles dans le cadre du CFESES sont nombreuses et diversifiées. Elles sont proposées par des organisations syndicales et des instituts spécialisés agréés par l’État.
Selon les besoins et les centres d’intérêt, les participants peuvent choisir des formations sur le droit du travail, la santé au travail, la prise de parole en public, ou encore l’intelligence artificielle appliquée au monde professionnel. Certaines formations se déroulent sur une journée, tandis que d’autres s’étendent sur plusieurs jours. Il est possible de consulter les catalogues de formation directement sur les sites des organismes agréés.
Un financement assuré par différents acteurs pour bénéficier de congés supplémentaires
Si certaines formations sont gratuites, d’autres nécessitent un investissement financier, ce qui peut être un frein pour certains salariés. Toutefois, plusieurs solutions existent pour couvrir les frais. Certains accords collectifs prévoient un budget dédié à la formation des salariés, tandis que le Comité social et économique (CSE) peut également financer ce type de programme pour ses membres.
Enfin, les syndicats prennent parfois en charge tout ou partie du coût de la formation pour leurs adhérents. Il est donc conseillé de se renseigner auprès de son entreprise ou d’une organisation syndicale pour identifier les aides disponibles. Le congé de formation économique, sociale, environnementale et syndicale représente une opportunité méconnue pour les salariés et demandeurs d’emploi souhaitant développer leurs compétences tout en conservant leur rémunération.
Facile à mettre en place et reconnu par le code du travail, ce dispositif constitue un levier intéressant pour enrichir son parcours professionnel sans impacter ses congés annuels classiques. Avec jusqu’à 12 jours supplémentaires par an, ce congé mérite d’être mieux connu et exploité par ceux qui souhaitent allier formation et évolution de carrière.