Malgré son ouverture aux pères depuis 1984, le congé parental reste largement sous-utilisé par ces derniers. En 2021, seuls 0,8 % des pères y ont eu recours, contre 14 % des mères. Ce faible engouement s’explique par des indemnités peu incitatives, des normes sociales genrées et une organisation familiale encore inégalitaire.
Le congé parental d’éducation, créé en 1977 et ouvert aux pères en 1984, permet à un parent de suspendre son activité professionnelle pour s’occuper de son enfant. Ce congé, indemnisé par la prestation partagée d’éducation de l’enfant (PreParE), offre une compensation financière équivalente à environ un tiers du SMIC.
Cependant, cette allocation forfaitaire est perçue comme peu incitative, notamment pour les pères, qui représentent souvent les principaux revenus du foyer. En comparaison, des pays comme l’Allemagne offrent une indemnisation proportionnelle au salaire (67 %), rendant le dispositif plus attractif.
Un échec dans l’égalité parentale
La réforme de 2014, qui visait à encourager 25 % des pères à prendre un congé parental, est loin d’avoir atteint ses objectifs. En 2021, seuls 0,8 % des pères ont opté pour un congé à temps plein, et 1,8 % pour un temps partiel, comme le rapporte le site aide-sociale.fr. Ces chiffres contrastent avec l’Allemagne, où 32 % des pères prennent ce congé grâce à une rémunération plus avantageuse.
Ce déséquilibre s’inscrit dans un contexte de normes sociales persistantes : les femmes restent majoritairement responsables des tâches domestiques et parentales, comme l’a révélé une étude de l’Insee lors du confinement de 2020.
Des pères contraints de renoncer au congé parental pour des raisons économiques et culturelles
Les freins au recours des pères au congé parental ne se limitent pas aux questions financières. Certaines entreprises perçoivent négativement les hommes qui demandent ce congé, tandis que des pressions sociales les dissuadent de s’éloigner de leur rôle professionnel.
En France, l’absence d’une indemnisation proportionnelle au salaire accentue ces obstacles. Par ailleurs, les mères passent en moyenne plus de temps que les pères à s’occuper des enfants ou à accomplir des tâches ménagères, ce qui perpétue une répartition inégalitaire.
Vers la mise en place d’une réforme pour l’égalité parentale ?
Pour atteindre une réelle égalité parentale, certains plaident pour une réforme inspirée du modèle espagnol, où les mères et les pères bénéficient d’un congé identique de 16 semaines, entièrement rémunéré. Cette mesure, appliquée depuis 2021, a permis un partage plus équitable des responsabilités parentales en Espagne.
En France, le président Emmanuel Macron a évoqué en 2024 une révision du dispositif, en envisageant un congé plus court mais mieux rémunéré. Cependant, cette proposition reste suspendue aux priorités politiques et budgétaires.