Depuis l’automne 2024, les taxes antidumping imposées par la Chine sur le cognac et l’armagnac plombent les exportations françaises. En représailles aux restrictions européennes sur les véhicules électriques chinois, Pékin a mis en place une caution bancaire sur ces spiritueux, entraînant une chute drastique des ventes.
La Chine représente un marché essentiel pour le cognac et l’armagnac, avec des exportations évaluées à 1,3 milliard d’euros par an. Ces spiritueux français bénéficient d’une forte popularité auprès des consommateurs chinois, notamment dans les grandes métropoles où le prestige des marques françaises est un gage de qualité.
Depuis le 11 octobre 2024, les importations de brandys européens en Chine, dont le cognac représente l’essentiel, sont soumises à des cautions bancaires lourdes imposées par les douanes chinoises. Selon Florent Morillon, président du Bureau national interprofessionnel du cognac (BNIC), cette mesure a entraîné une chute de 50 % des exportations en seulement trois mois, rapporte Franceinfo.
Une riposte économique aux décisions européennes
Ces taxes ne sont pas un simple ajustement économique, mais bien une mesure de représailles de la Chine face à l’Union européenne. En effet, l’UE a récemment mis en place des restrictions sur les véhicules électriques chinois, accusés de bénéficier de subventions publiques faussant la concurrence. En réponse, Pékin a pris pour cible des produits emblématiques européens, dont le cognac et l’armagnac.
Derrière cette guerre commerciale, la filière française se retrouve prise en otage, avec des pertes financières colossales. 50 millions d’euros s’évaporent chaque mois, un chiffre alarmant qui met en péril des milliers d’emplois dans le secteur viticole.
Des conséquences directes sur l’emploi et la production de cognac et l’armagnac
La situation devient critique pour les producteurs et négociants, qui craignent de devoir réduire leur activité si aucun accord n’est trouvé. Florent Morillon avertit que si ces mesures persistent, des licenciements massifs pourraient survenir, voire la fermeture de certaines entreprises spécialisées dans l’export.
Les acteurs du secteur demandent une intervention rapide du gouvernement français et de l’Union européenne pour trouver une issue diplomatique. À défaut d’une solution rapide, les répercussions sur l’emploi et la production pourraient s’aggraver, fragilisant l’ensemble de la filière.
Un appel urgent à la négociation
Face à l’urgence, le BNIC et les représentants de l’armagnac appellent les dirigeants français et européens à intensifier les discussions avec Pékin. L’objectif est de trouver une issue permettant de sauver un marché stratégique pour les spiritueux français, sans aggraver la tension commerciale entre la Chine et l’Europe.
Alors que la filière reste en alerte, l’avenir des exportations de cognac et d’armagnac dépend désormais des négociations à venir. Un déblocage rapide pourrait limiter les dégâts, mais sans compromis diplomatique, l’impact sur l’économie française risque d’être durable.