L’interdiction des puffs, ces cigarettes électroniques jetables très prisées par les jeunes, est désormais effective en France. Adoptée à l’unanimité par le Parlement le 13 février 2025, la loi a été publiée au Journal officiel le 24 février et interdit la vente, la distribution et la détention en vue de la vente de ces dispositifs. Cette décision vise à lutter contre l’addiction à la nicotine chez les jeunes et à réduire l’impact environnemental de ces produits à usage unique.
Le texte législatif précise que sont désormais interdits en France les dispositifs électroniques de vapotage préremplis qui ne peuvent être rechargés ou remplis à nouveau, qu’ils disposent ou non d’une batterie rechargeable. Seules les cartouches de vapotage restent autorisées, permettant aux consommateurs d’utiliser des dispositifs rechargeables, jugés moins attractifs pour les jeunes et moins polluants.
Les puffs, des appareils qui ciblent principalement les jeunes
Les puffs ont connu un succès fulgurant ces dernières années, notamment auprès des adolescents. Leur prix abordable, leurs saveurs sucrées (menthe, fraise, pastèque, chocolat…) et leur design coloré et attrayant en ont fait un produit d’appel vers la consommation de nicotine.
Selon une étude BVA pour Alliance contre le tabac, 15 % des jeunes de 13 à 16 ans ont déjà consommé une puff, et 47 % d’entre eux ont commencé leur initiation à la nicotine par ce biais. Ces chiffres alarmants ont conduit les parlementaires à accélérer l’adoption de cette interdiction.
Le rapporteur du texte, Khalifé Khalifé (LR), a dénoncé un marketing agressif ciblant les mineurs, rendant ces produits très accessibles et attractifs pour un public non-fumeur.
L’interdiction des puffs marque uene avancée pour la santé publique et l’environnement
Les puffs ne posaient pas seulement un problème sanitaire, mais aussi un enjeu environnemental majeur. Ces dispositifs, entièrement jetables, généraient des déchets plastiques et électroniques en grande quantité.
La sénatrice écologiste Anne Souyris a insisté sur le fait que les puffs étaient conçues pour séduire les jeunes, tout en soulignant leur impact écologique désastreux. De son côté, le Comité national contre le tabagisme (CNCT) salue cette interdiction, mais alerte sur les stratégies de contournement que pourraient adopter les fabricants, notamment en développant d’autres dispositifs à usage limité. De son côté, Catherine Vautrin, ministre du Travail et de la Santé, avait déclaré au journal Le Monde que ce vote « démontre une prise de conscience collective »
Une loi qui pourrait inspirer d’autres pays
L’ancienne députée écologiste Francesca Pasquini (Génération.s), à l’origine du texte, à souligné que cette décision française était très attendue à l’international. Elle espère qu’elle servira d’exemple à d’autres pays pour mieux réguler le marché des cigarettes électroniques.
Certains parlementaires ont également appelé le gouvernement à interdire rapidement les pouches, ces sachets de nicotine à placer sous la lèvre, de plus en plus consommés par les jeunes.
Alors que le tabagisme juvénile reste une préoccupation majeure, cette interdiction marque une étape clé dans la lutte contre la dépendance à la nicotine et dans la régulation du marché de la vape en France.