Le 8e sommet Choose France, organisé au château de Versailles le lundi 20 mai, devrait établir un nouveau record avec plus de 20 milliards d’euros d’investissements étrangers annoncés.
En effet, Emmanuel Macron a dévoilé ce chiffre lors d’un entretien avec la presse régionale. Selon ses mots, il y aura « plus d’une cinquantaine d’annonces » et « on passera le cap des vingt milliards d’euros ». Ce montant dépasse largement celui de l’an dernier, qui s’élevait à 15 milliards d’euros.
En tout, 178 projets ont été officialisés depuis le lancement de l’événement en 2018, dont seulement « onze » ont été abandonnés. La France a par ailleurs été désignée premier pays européen en nombre de projets d’investissements étrangers pour la sixième année consécutive, avec 1 025 projets enregistrés en 2024 selon le cabinet EY.
Les secteurs concernés sont variés : technologie, finance, tourisme et industrie. La thématique choisie pour cette édition est « France, terre de créativité », avec des séquences dédiées au tourisme et à l’audiovisuel. Deux cents dirigeants d’entreprises sont attendus, représentant une diversité de pays et de secteurs. Des sociétés comme BYD, Blackstone, Ikea, BASF ou Goldman Sachs participeront, 19 % des invités venant des États-Unis.
Choose France, une occasion de relancer le débat sur l’attractivité de la France
Si le gouvernement met en avant la performance française en matière de projets annoncés, pour le sommet Choose France, certains observateurs soulignent des limites. En termes d’emplois créés par projet, la France reste derrière l’Espagne et l’Allemagne avec une moyenne de 30 emplois, contre 125 et 48 respectivement. Emmanuel Macron précise que « nous sommes très forts en termes de recherche et développement, activités moins intensives en emplois », ajoutant que « cela crée de l’innovation en France », un secteur jugé « clé ».
Des critiques portent également sur le coût des aides publiques. Pour attirer des entreprises comme le groupe taïwanais ProLogium à Dunkerque, l’État a proposé une subvention de 1,5 milliard d’euros. Ces incitations sont perçues par certains comme coûteuses au regard des bénéfices sociaux réels.
La situation budgétaire française, jugée dégradée, et les incertitudes politiques depuis la dissolution de l’assemblée nationale en 2024, nuisent à la perception de stabilité du pays. Le cabinet Kearney place la France au troisième rang européen pour l’attractivité, derrière le Royaume-Uni et l’Allemagne, et au septième rang mondial.
Emmanuel Macron estime nécessaire de « renforcer la protection de notre marché intérieur » face à la concurrence asiatique, et appelle à « accélérer les simplifications au niveau national et européen ». Le sommet, qui favorise les échanges directs entre chefs d’entreprise et exécutif, reste pour lui un outil clé de la politique économique nationale.








