Le chèque énergie, dispositif d’aide destiné à réduire les factures des ménages modestes, est fragilisé par les récentes annonces budgétaires du gouvernement. Cette aide, qui profite à près de 5,6 millions de foyers, devait être protégée selon la promesse de la ministre de l’Énergie, Agnès Pannier-Runacher, en octobre 2024.
Pourtant, la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a confirmé vouloir réduire les dépenses liées au chèque énergie en raison de la baisse des prix de l’énergie attendue en février 2025. Les associations de consommateurs, comme UFC-Que Choisir, dénoncent une décision injuste.
Antoine Autier, représentant de l’association, rappelle que le chèque énergie n’a pas suivi la flambée des prix de l’électricité et du gaz observée ces dernières années. Alors que cette aide moyenne de 150 euros a été cruciale lors des crises énergétiques de 2021 et 2022, réduire son financement reviendrait à fragiliser davantage les ménages les plus vulnérables.
Des démarches plus complexes pour des millions de foyers afin de recevoir le chèque énergie
Depuis 2024, l’accès au chèque énergie est devenu plus compliqué pour les bénéficiaires. L’administration fiscale s’appuyait autrefois sur la taxe d’habitation pour identifier automatiquement les foyers éligibles. Mais avec la disparition de cette taxe, les ménages doivent désormais effectuer une demande via une plateforme en ligne.
Cette nouvelle procédure pénalise particulièrement les foyers éloignés du numérique ou mal informés. Les associations estiment que près d’un million de nouveaux bénéficiaires pourraient ne pas recevoir cette aide, faute d’avoir déposé une demande. Antoine Autier critique également l’absence d’une campagne de sensibilisation nationale pour informer les ménages éligibles. Selon lui, seule une minorité des bénéficiaires potentiels utilise effectivement la plateforme mise en place par le gouvernement.
Malgré les alertes, aucune mesure n’a été annoncée pour simplifier le dispositif ou le rendre plus accessible. Au contraire, le projet de loi de finances pour 2025, en cours de révision, pourrait limiter davantage l’aide en réduisant soit le nombre de bénéficiaires, soit le montant des chèques distribués.
Dans un contexte dans lequel environ 20 % des foyers français sont en situation de précarité énergétique, ces coupes budgétaires risquent d’aggraver les inégalités. Si le gouvernement justifie ses décisions par la baisse des prix de l’énergie, les associations rappellent que les ménages modestes continuent de subir les effets des hausses passées. Pour beaucoup, le chèque énergie reste une aide indispensable. La réduction de son budget pourrait non seulement accroître le non-recours à cette aide, mais aussi laisser de nombreux foyers sans solution face à leurs factures énergétiques.








