Chèque énergie : près de deux millions de foyers risquent d’être exclus en 2025

La troisième vague d’envoi du chèque énergie a commencé le 17 novembre. Toutefois, pour l’année 2025 des milliers de failles risquent d’être exclues du dispositif.

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Chèque énergie
Chèque énergie : près de deux millions de foyers risquent d'être exclus en 2025. Crédit : Canva | Econostrum.info

La troisième phase d’envoi du chèque énergie a débuté le 17 novembre 2025. Ce dispositif, destiné à aider les ménages modestes à payer leurs factures d’électricité ou de gaz, est actuellement en pleine évolution. Plusieurs associations ont profité de cette période pour alerter sur les limites du nouveau système de distribution.

Le Conseil national des associations familiales laïques (Cnafal), parmi d’autres organisations, dénonce une baisse du nombre de bénéficiaires identifiés automatiquement. Depuis la suppression de la taxe d’habitation pour les résidences principales en 2023, le croisement des données fiscales qui permettait d’identifier les ayants droit n’est plus opérant. Résultat : en 2024, seuls les anciens bénéficiaires ont reçu le chèque énergie automatiquement.

Pour pallier cette situation, une plateforme a été ouverte afin que les foyers non identifiés puissent en faire la demande. Pourtant, ce dispositif de rattrapage n’a pas suffi. Sur environ un million de foyers éligibles non recensés, seuls 176 000 chèques ont été attribués en 2024.

Une baisse nette des bénéficiaires du chèque énergie et un budget en diminution

En 2025, un nouveau système de croisement des données a été mis en place entre les informations fiscales et les données des fournisseurs d’énergie. Grâce à ce mécanisme, 3,8 millions de foyers ont été automatiquement identifiés. En comparaison, les précédentes campagnes touchaient environ 5,7 millions de ménages. Ainsi, entre 1,5 et 2 millions de foyers pourraient ne pas recevoir le chèque énergie, soit près de 30 % des bénéficiaires potentiels.

Les associations pointent également le décalage du calendrier d’envoi. Le versement des aides, habituellement effectué au printemps, a été repoussé à novembre, en raison du retard dans l’adoption de la loi de finances. Selon le médiateur national de l’énergie, cette modification a entraîné des conséquences concrètes : 35 % des bénéficiaires ont déclaré une difficulté à régler leurs factures, et 10 % ont subi une coupure ou une réduction de leur fourniture d’énergie.

En parallèle, le montant alloué au dispositif est lui aussi concerné par une baisse. Après un budget de 900 millions d’euros, réduit à 720 millions dans la loi de finances 2025, le projet pour 2026 pourrait encore le diminuer de 225 millions. Face à ces évolutions, plusieurs associations réclament des ajustements. Elles demandent une révision du seuil de revenus pour en bénéficier, un rehaussement du montant du chèque — inchangé depuis 2019 —, et la restauration du niveau initial des crédits pour 2026. Selon le Cnafal, le plafond de revenus actuellement en vigueur est désormais inférieur au seuil de pauvreté, ce qui justifierait une réévaluation urgente du dispositif.

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