Hier, à quelques heures seulement de sa chute, le gouvernement de François Bayrou a publié un communiqué officialisant les nouvelles règles du chèque énergie. Une annonce de dernière minute, destinée à apaiser l’inquiétude des 5,8 millions de ménages concernés, alors que la précédente campagne avait été marquée par de graves dysfonctionnements.
Selon le communiqué en question, le système d’attribution change en profondeur. La plupart des bénéficiaires seront désormais identifiés automatiquement grâce à un croisement de données entre la direction des finances publiques, les fournisseurs d’électricité et les gestionnaires de réseau. Ceux dont les informations concordent recevront un courrier en octobre, suivi du chèque en novembre.
En revanche, les cas particuliers, comme les étudiants, les colocataires ou les personnes ayant récemment déménagé, devront faire une demande sur une plateforme en ligne, accessible mi-octobre. La date limite pour déposer un dossier a été fixée au 28 février 2026.
Un correctif après l’échec de 2024
Ce changement s’explique par le fiasco de 2024. La suppression de la taxe d’habitation avait perturbé le repérage des foyers éligibles, laissant près d’un million de ménages sans aide. Le dispositif de réclamation mis en place n’avait pas permis de rattraper la situation, et environ 900 000 personnes étaient restées sans chèque. Cette fois, l’exécutif voulait montrer qu’il avait retenu la leçon en instaurant un système plus souple.
Pour l’année en cours, l’aide est garantie : le décret a une valeur légale et administrative qui rend improbable tout retour en arrière. Toutefois, l’avenir du chèque énergie à partir de 2026 est beaucoup moins certain. Le prochain gouvernement devra composer avec des contraintes budgétaires fortes et une assemblée critique, ce qui pourrait remettre en cause le maintien du dispositif dans sa forme actuelle.
Le chèque énergie au centre de critiques récurrentes
Rappelons que la Cour des comptes avait déjà alerté, en 2022, sur le ciblage défaillant du chèque énergie. Elle soulignait que la moitié des bénéficiaires n’étaient pas réellement en situation de précarité énergétique, tandis qu’un quart des foyers concernés n’y avaient pas accès. Elle dénonçait aussi le fait que cette aide puisse financer indifféremment toutes les énergies, y compris les plus polluantes, ce qui va à l’encontre des objectifs climatiques de la France, rapporte le rapport de février 2022 publié par la Cour.








