Le chèque énergie, cet outil censé soulager les ménages les plus modestes face à la flambée des factures d’énergie, est désormais fragilisé sur plusieurs fronts.
En effet, un rapport récent de l’Inspection générale des finances (IGF) et de l’Inspection générale de l’environnement (IGEDD) juge le dispositif « dommageable à la biodiversité » et plaide pour sa réorientation, tandis qu’un constat d’inefficacité sociale et économique s’installe, rapporte Selectra.
Le montant du chèque reste bloqué entre 48 et 277 euros depuis 2019, une fourchette jugée insuffisante face à l’envolée des prix de l’électricité (+33,2 %) et du gaz (+56,8 %). Conséquence : la couverture moyenne de la facture s’effondre. Pour l’électricité, le chèque passe de couvrir 21,5 % en 2019 à seulement 16,1 % en 2025 ; pour le gaz, on tombe de 28,7 % à 18,3 %, souligne Selectra. Ce constat met à mal l’idée que ce dispositif serait une protection efficace contre la précarité énergétique.
La Cour des comptes avait déjà alerté, en 2022, sur le ciblage défaillant du chèque énergie. Elle soulignait que la moitié des bénéficiaires n’étaient pas réellement en situation de précarité énergétique, tandis qu’un quart des foyers concernés n’y avaient pas accès. Elle dénonçait aussi le fait que cette aide puisse financer indifféremment toutes les énergies, y compris les plus polluantes, ce qui va à l’encontre des objectifs climatiques de la France, rapporte le rapport de février 2022 publié par la Cour.
SOS biodiversité : un dispositif jugé contre-productif
En mai 2025, le rapport commun IGF-IGEDD va encore plus loin. Il reproche au chèque énergie de subventionner les énergies fossiles (gaz, fioul) sans distinction, ce qui constitue une dépense publique potentiellement nuisible à la biodiversité. Selon eux, soutenir la consommation d’énergie, quel que soit le type, va à l’encontre des efforts de sobriété énergétique, explique le rapport paru en juillet sur les aides controversées impactant la nature.
Vers une refonte radicale ?
Face à cette triple critique (économique, sociale et écologique) les rapports officiels proposent de réformer radicalement le dispositif. Parmi les idées : remplacer le chèque énergie par une aide aux revenus non liée à la consommation, ou conditionner une partie de l’aide à un engagement dans la réduction énergétique.
L’État, confronté à la pression budgétaire, pourrait aussi envisager l’abandon du mécanisme tel qu’il existe aujourd’hui. Alors que 5,8 millions de foyers en bénéficient, soit près d’un ménage sur cinq, l’avenir du chèque énergie est loin d’être assuré dans le budget 2026.








