Une étude choc de l’association 60 Millions de Consommateurs révèle que les épices et herbes aromatiques, pourtant très prisées en France, contiennent non seulement des résidus de pesticides, mais aussi des traces surprenantes de corps étrangers, laissant consommateurs et experts dubitatifs.
Les herbes de Provence, qui représentent 15 % des ventes d’épices en France, sont particulièrement exposées aux pesticides. En tant que produits agricoles, elles subissent les traitements phytosanitaires nécessaires à leur culture, mais cela se traduit par une contamination importante. Même les produits labellisés Label Rouge, censés garantir une qualité supérieure, ne sont pas exempts de résidus.
Selon 60 millions de Consommateurs, le « Provence Tradition France » affiche jusqu’à sept résidus différents, tandis que le « Ducros Label Rouge » en contient trois. Les poivres noirs ne sont pas en reste : environ deux tiers des échantillons analysés contiennent entre un et cinq résidus de pesticides. Plus préoccupant, certains pesticides détectés sont interdits par l’Union européenne, comme l’imidaclopride et le thiaméthoxame, présents dans plusieurs poivres.
Corps étrangers : insectes, poils et fragments divers dans les épices
Outre les pesticides, l’étude souligne la présence dans certaines épices de corps étrangers, qu’ils soient organiques — fragments d’insectes, poils de rongeurs, plumes — ou inorganiques — morceaux plastiques, métalliques ou pierreux. Cette pollution affecte notamment les herbes de Provence et la cannelle, et se retrouve même dans des produits bio. Si ces éléments ne représentent qu’une infime proportion, leur présence est néanmoins source de malaise pour les consommateurs.
Dans les usines de transformation, les contrôles sont nombreux. Par exemple, chez SCA Aromates de Provence, un acteur majeur du secteur, plus de 600 molécules de pesticides sont recherchées avec des seuils de détection très bas. Les procédés visent aussi à éliminer les corps étrangers. Malgré ces efforts, la nature même des produits agricoles et le stockage peuvent expliquer la persistance de ces traces.
Les experts rappellent que ces contaminations, bien que désagréables, ne présentent pas de risque sanitaire avéré. La consommation habituelle d’épices en petites quantités limite l’exposition aux pesticides et aux corps étrangers.
Une consommation en hausse malgré tout
La consommation d’épices et d’aromates a augmenté de 30 % en dix ans en France, confirmant leur place importante dans la cuisine quotidienne des Français. Cette étude pourrait toutefois inciter à une vigilance accrue, notamment dans le choix des produits et la demande de transparence sur les méthodes de culture et de production.
Au final, si la présence de pesticides et de corps étrangers dans les épices n’est pas alarmante pour la santé, elle pose la question de la qualité perçue et du respect des normes agricoles et industrielles, ainsi que des attentes des consommateurs en matière de naturalité et de sécurité alimentaire.








