Après plusieurs semaines de stabilité, les prix des carburants pourront flamber en France. En effet, les frappes menées par Israël dans la nuit du 12 au 13 juin contre des cibles iraniennes ont provoqué des répercussions immédiates sur les marchés internationaux, en particulier celui du pétrole.
Cette action militaire intervient dans un contexte de tensions persistantes au Moyen-Orient, une région stratégique pour la production mondiale de brut. En effet, l’Iran représente environ 5 % de la production pétrolière mondiale et contrôle en partie le détroit d’Ormuz, point névralgique du transport maritime d’or noir. Depuis ces frappes, le marché pétrolier a réagi avec nervosité : le prix du baril de Brent a bondi de 12,8 %, atteignant 78 dollars. Cette hausse rapide est la plus forte enregistrée depuis la pandémie de Covid-19, selon les analystes. La question se pose donc : cette augmentation va-t-elle se répercuter rapidement sur les prix à la pompe en France et ailleurs en Europe ?
L’ampleur de la hausse future du carburant dépendra largement de l’évolution du conflit. « Le prix à la pompe risque de prendre le même chemin si ce nouveau conflit ne s’éteint pas rapidement » indiquent des analystes. Selon certaines projections, notamment celles de la banque JP Morgan, le prix du baril pourrait franchir les 100 dollars. D’autres experts tablent sur un plafond à 80 dollars, à condition que les hostilités cessent rapidement.
Cependant, les déclarations du Premier ministre israélien ne laissent rien présager de tel. L’objectif annoncé d’Israël est de neutraliser l’arsenal nucléaire potentiel de l’Iran, voire de viser le régime en place. En retour, l’Iran pourrait exercer des représailles, rendant la région encore plus instable. « Autant d’éléments qui permettent d’affirmer, sans trop se tromper, que la question n’est pas de savoir si l’augmentation du prix du carburant à la pompe se produira, mais à quel moment elle se produira ».
Facteurs aggravants et scénario d’une hausse rapide des prix des carburants
Outre les tensions géopolitiques, deux autres facteurs pourraient accentuer la hausse des prix du carburant dans les prochaines semaines. Le premier est logistique : la capacité des raffineurs et des distributeurs à puiser dans leurs réserves actuelles. Si les stocks sont suffisants, l’effet sur les prix pourrait être différé. En revanche, en cas de pénurie relative, l’ajustement serait immédiat.
De plus, certains opérateurs pourraient être tentés de spéculer, en augmentant les prix sur des stocks achetés à un tarif antérieur plus bas. Le second facteur est saisonnier : l’arrivée des départs en vacances à travers l’Europe. L’augmentation de la demande estivale crée mécaniquement une pression sur les prix à la pompe.
Cette conjoncture souligne la forte dépendance des marchés pétroliers à la stabilité géopolitique, mais aussi l’exposition directe des consommateurs aux événements internationaux. Alors que l’été s’annonce, les automobilistes pourraient donc être confrontés à une envolée des prix du carburant, fruit d’une combinaison d’incertitudes stratégiques et d’une demande croissante.








