Carburants : le gouvernement débloque 70 millions d’euros d’aides, les professionnels dénoncent des mesures insuffisantes

Le gouvernement annonce 70 millions d’euros d’aides face à la hausse des carburants, mais agriculteurs et transporteurs jugent ces mesures insuffisantes.

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Carburants : le gouvernement débloque 70 millions d’euros d’aides, les professionnels dénoncent des mesures insuffisantes - Crédit : Canva | Econostrum.info

Le gouvernement français a annoncé la mise en place d’aides financières pour plusieurs secteurs touchés par la hausse des prix des carburants, notamment le transport routier, la pêche et l’agriculture.

Ces aides sont prévues pour le mois d’avril 2026 et comprennent des aides directes, des exonérations fiscales et des mesures de trésorerie pour les entreprises concernées. Le ministre des Transports Philippe Tabarot a annoncé « une aide exceptionnelle » estimée à 50 millions d’euros pour les TPE et PME du transport routier « les plus en difficultés ». Cette aide correspond à un soutien équivalent à environ 20 centimes par litre de carburant pour les entreprises concernées.

Un guichet spécifique doit être mis en place pour permettre aux entreprises de faire une demande. Cette aide concerne la métropole et les territoires d’outre-mer. Dans le secteur de la pêche, la ministre de la Mer et de la Pêche Catherine Chabaud a annoncé un remboursement équivalent à 20 centimes par litre de gazole marin, sur présentation des factures de carburant, pour une enveloppe estimée à 5 millions d’euros.

Agriculteurs et transporteurs jugent les aides aux carburants insuffisantes

Pour les agriculteurs, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a annoncé que « le gouvernent a décidé de renoncer, pour le mois d’avril, au prélèvement de tout droit d’accise sur le gasoil non routier agricole ». Cette mesure correspond à une baisse d’environ 4 centimes par litre de gazole non routier et représente un coût estimé à 14 millions d’euros pour les finances publiques. Plusieurs représentants agricoles ont réagi à ces annonces.

Luc Smessaert, vice-président de la FNSEA, a déclaré sur RTL : « Donner à peine 4 centimes alors qu’on a eu une hausse de plus de 60 centimes par litre de GNR… c’est des miettes. Si j’étais moins poli, je dirais que c’est du foutage de gueule ». Dans le Morbihan, Franck Pellerin, éleveur et secrétaire général de la FDSEA du département, explique que les exploitations consomment entre 60 et 100 litres de GNR par hectare et que le prix du carburant est fortement augmenté en quelques semaines.

Du côté des transporteurs routiers, les organisations professionnelles estiment également que les aides annoncées ne sont pas suffisantes. Bruce Aiglehoux, secrétaire général de l’OTRE Île-de-France (Organisation des transporteurs routiers européens), a déclaré sur LCI : « Depuis le début, on demande deux aides qui sont les mêmes que celles de 2022 avec la guerre en Ukraine. À savoir une remise à la pompe pour les professionnels. Et, deuxièmement, une aide forfaitaire par véhicule pour rattraper le mois qui vient de s’écouler avec la hausse brutale des prix du carburant ».

Certaines organisations de transporteurs ont annoncé des mobilisations et des opérations de barrages filtrants. Florence Berthelot, déléguée générale de la FNTR, a également réagi en déclarant que les annonces gouvernementales « ne sont ni à la hauteur, ni opérationnelles », dénonçant « une usine à gaz ».

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