Les prix des carburants ont flambé en France. Depuis le 26 mars 2026, certaines stations-service françaises sont autorisées à vendre un gazole ne respectant pas les normes habituelles. Cette décision a été prise dans un contexte de difficultés exceptionnelles d’approvisionnement, en lien avec la guerre en Iran et le blocage du détroit d’Ormuz.
La ministre déléguée à l’Énergie, Maud Brégeon, a annoncé cette mesure exceptionnelle le 25 mars, et elle a été publiée discrètement au Journal officiel le 26 mars. Cette dérogation sera valable jusqu’au 31 mars 2026. La mesure concerne spécifiquement la température limite de filtrabilité (TLF) du gazole, un critère technique essentiel pour la performance du carburant. En temps normal, le gazole doit pouvoir rester liquide jusqu’à une température de -15°C pendant l’hiver. Avec cette dérogation, ce seuil est relevé à 0°C. Concrètement, cela signifie que le gazole actuellement en vente est moins résistant au froid que celui habituellement distribué en cette période de l’année.
Les risques de ce carburant pour les véhicules
Les conséquences mécaniques de cette dérogation ne sont pas négligeables. En particulier, les conducteurs circulant dans des régions où les températures descendent en dessous de 0°C, comme en montagne, peuvent rencontrer des difficultés au démarrage ou voir leur moteur s’arrêter en pleine conduite. Les filtres à carburant peuvent se boucher, obstruant l’alimentation du moteur, ce qui peut entraîner une panne soudaine. De plus, la pompe à injection et les injecteurs peuvent subir des dommages. Ces incidents peuvent entraîner des réparations coûteuses, voire présenter des risques pour la sécurité, surtout dans des zones isolées ou en montagne.
Le texte publié au Journal officiel précise que les distributeurs sont responsables de tout problème lié à l’utilisation de ce gazole non conforme. Ils doivent également informer leurs clients des risques encourus, notamment dans les zones où les températures peuvent être inférieures à 0°C. Cependant, il n’est pas précisé si cette information sera clairement affichée dans les stations-service, ce qui pourrait poser problème pour certains automobilistes.
Malgré cette dérogation, les autres normes techniques du gazole, comme l’indice de cétane, la faible teneur en soufre et la propreté du carburant, restent inchangées. Seule la résistance au froid a été modifiée, ce qui est un critère particulièrement important en cette saison.
Le prix du gazole a, par ailleurs, augmenté de près de 30 % depuis fin février, en raison de la situation géopolitique au Moyen-Orient. Face à la montée des prix et au risque de rupture d’approvisionnement, le gouvernement a donc privilégié la disponibilité du carburant, au détriment de sa conformité aux normes habituelles. Une décision qui, bien qu’explicable d’un point de vue logistique, aurait mérité plus de transparence pour les automobilistes, en particulier ceux vivant dans des régions froides ou en altitude.








