Budget de la Sécurité sociale : voici ce que prévoit le texte examiné dès aujourd’hui au Sénat

Le budget 2025 de la Sécurité sociale, adopté par 49.3 à l’Assemblée nationale, est désormais entre les mains du Sénat. Ce texte prévoit une hausse des dépenses de santé, de nouvelles taxes et des mesures de réduction des coûts, dans un contexte de déficit estimé à 22,1 milliards d’euros. Alors que certaines dispositions suscitent des tensions, une adoption définitive pourrait intervenir rapidement.

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une plaquette de médicament devant un paquet de billets d'argent
Déficit de la Sécurité sociale voici le contenu du texte examiné dès aujourd'hui au Sénat | Econostrum.info

Après son adoption à l’Assemblée nationale via le 49.3, le budget 2025 de la Sécurité sociale est désormais examiné par le Sénat. Ce texte, marqué par des mesures de réduction des dépenses et de nouvelles taxes, prévoit un déficit de 22,1 milliards d’euros d’ici la fin de l’année. Son adoption définitive pourrait clôturer un long feuilleton budgétaire, alors que certaines mesures suscitent des débats intenses.

Le budget 2025 de la Sécurité sociale prévoit une hausse des dépenses de l’Assurance maladie, qui atteindront 265,9 milliards d’euros. Cette augmentation inclut une enveloppe supplémentaire d’un milliard d’euros pour les hôpitaux et un triplement du fonds d’urgence pour les Ehpad, porté à 300 millions d’euros.

En parallèle, l’Assurance maladie devra réaliser 4,3 milliards d’euros d’économies. Parmi les mesures envisagées, le gouvernement souhaite réduire le plafond des indemnités journalières en cas d’arrêt de travail, les limitant désormais à 1,4 Smic au lieu de 1,8, une mesure censée générer 400 millions d’euros d’économies.

De nouvelles taxes pour financer la Sécurité sociale

Pour accroître les recettes, plusieurs taxes comportementales sont introduites. La taxe soda, visant à réduire la consommation de sucres, sera augmentée dès janvier 2026. La fiscalité des jeux et loteries en ligne sera également alourdie à partir de juillet 2025, avec un gain estimé à 300 millions d’euros.

Une autre mesure controversée, surnommée la « taxe lapin », prévoit d’appliquer des pénalités aux patients qui ne se présentent pas à leurs rendez-vous médicaux sans prévenir. Les modalités concrètes seront définies par décret ultérieurement.

Les dépenses de santé subiront un contrôle plus rigoureux

Le texte introduit des dispositions pour encadrer certaines pratiques médicales. Un mécanisme oblige les radiologues et les taxis conventionnés à conclure des accords de réduction des dépenses avec l’Assurance maladie. Si ces accords n’aboutissent pas, des baisses tarifaires pourront être imposées.

Un nouveau contrôle des prescriptions médicales est également instauré. Les médecins devront remplir un formulaire de justification pour certains actes ou médicaments coûteux. Sans cela, les remboursements pourront être refusés.

Un déficit en hausse en raison des mesures abandonnées

Initialement fixé à 16 milliards d’euros, le déficit de la Sécurité sociale pour 2025 a été réévalué à 22,1 milliards d’euros. Ce creusement s’explique par l’abandon de certaines mesures, comme la baisse du remboursement des médicaments et consultations, et par une dégradation des prévisions économiques, comme l’explique France Bleu.

Le gouvernement prévoit aussi de récupérer un milliard d’euros auprès des mutuelles, estimant qu’elles ont anticipé dans leurs tarifs 2025 des hausses qui n’ont finalement pas eu lieu. Une décision vivement contestée par les organismes concernés.

Le Sénat, dominé par l’opposition, pourrait modifier certaines mesures, mais en cas de désaccord, l’Assemblée nationale aurait le dernier mot. Un nouveau recours au 49.3 reste donc possible pour imposer le texte définitif.

Avec des choix budgétaires qui touchent directement les hôpitaux, les assurés et les entreprises, ce projet de loi continue de susciter des réactions contrastées. Alors que le gouvernement insiste sur la nécessité de rééquilibrer les comptes, certaines organisations dénoncent des restrictions affectant l’accès aux soins et une pression accrue sur les patients et professionnels de santé.

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