Budget 2026 : Pierre Moscovici s’oppose au gel des dépenses et réclame une vraie réforme

Pierre Moscovici rejette l’idée d’un gel budgétaire en 2026 et plaide pour des réformes de fond.

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Budget 2026 : Pierre Moscovici s’oppose au gel des dépenses et réclame une vraie réforme. Crédit : RTL | Econostrum.info

Alors que le gouvernement cherche à dégager 40 milliards d’euros d’économies pour l’année 2026, Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes, rejette fermement la piste d’un gel budgétaire temporaire. Pour lui, seule une réforme structurelle des politiques publiques peut répondre durablement aux défis budgétaires.

L’hypothèse d’une « année blanche » pour le budget 2026, défendue dans les cercles proches de Matignon, ne convainc pas Pierre Moscovici. Dans un entretien accordé à Radio J, il souligne les limites d’une telle approche : « Ce serait ce qu’on appelle un « one shot ». On le fait une fois et après, qu’est-ce que vous faites ? Alors que ce n’est pas en 2026 qu’il faut faire des efforts, c’est en 26, 27, 28, 29 et 30 au moins. Et pour cela il faut modifier les politiques publiques. »

Pour Moscovici, un simple gel ne résoudrait pas les déséquilibres structurels des finances publiques. Il défend une approche plus profonde : « Je suis toujours favorable à une approche structurelle, celle qui réforme les politiques publiques, plus qu’à n’importe quelle forme de rabot », rapporte Le Figaro.

Une nécessité de répartition équitable de l’effort

L’ancien commissaire européen insiste également sur le partage équitable de l’effort budgétaire entre toutes les composantes de l’administration publique : « Il y a un effort important à faire, à partager entre toutes les catégories d’institutions publiques. Il faut faire des économies sur l’État, sur les collectivités locales et sur la sécurité sociale. »

Sur le plan fiscal, il admet qu’un ajustement est possible, mais seulement à la marge et de façon progressive : « Il faut d’abord faire des économies en dépenses, et ensuite, éventuellement, marginalement et de façon juste, recourir à l’outil fiscal… Ce doit être partagé entre les Français en fonction de leur capacité contributive : plus vous avez de moyens, plus vous devez payer. »

Une ligne de crête entre rigueur et service public

Moscovici récuse toute idée d’austérité. Selon lui, revenir de 57 % à 54-55 % du PIB en dépenses publiques permettrait un redressement maîtrisé sans affaiblir le modèle social français : « On n’est pas en train d’imposer l’austérité aux Français, qui consisterait à toucher aux prestations, casser le service public. »

En fin d’entretien, Pierre Moscovici se montre plus évasif sur ses intentions pour la présidentielle de 2027. Il confie simplement : « En septembre 2026, je serai un homme libre. Je participerai au débat politique, je participerai aussi à la réflexion sur l’élection présidentielle. Candidat, je n’y pense même pas. […] Ça peut me venir comme ça peut ne pas me venir. »

À travers ses prises de position, Moscovici continue de peser dans le débat économique et institutionnel. Sa voix pourrait s’avérer influente dans les mois à venir.

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