Le Haut Conseil des finances publiques (HCFP), présidé par Pierre Moscovici, exprime des réserves sur la trajectoire du budget présentée par le gouvernement dans son plan à moyen terme. Ce document fixe l’objectif de ramener le déficit public à 3 % du PIB d’ici 2029, mais l’organe indépendant considère que cette perspective reste à confirmer.
Dans son avis rendu sur le rapport d’avancement annuel 2025 du plan structurel à moyen terme (PSMT), le HCFP note que « la trajectoire de finances publiques au-delà de 2025, qui n’est qu’esquissée dans les documents présentés, reste à préciser et crédibiliser ». Le plan budgétaire prévoit un déficit ramené à 2,8 % en 2029, ce qui est conforme aux engagements pris devant les autorités européennes. Ce scénario intègre les nouvelles prévisions de croissance, ainsi que des objectifs de réduction du déficit pour 2025 et 2026. Il doit encore être validé par Bruxelles d’ici la fin du mois d’avril.
Mais pour le HCFP, plusieurs hypothèses avancées par Bercy soulèvent des interrogations. La croissance anticipée en 2026, fixée à 1,2 %, suppose que « les incertitudes internationales s’atténuent et que l’ajustement budgétaire pèse peu sur l’activité ». Le Haut Conseil souligne que cette projection repose sur une reprise de la consommation privée, alimentée par l’épargne accumulée des ménages, ce qui reste incertain dans le contexte actuel.
Une prudence renforcée face aux risques économiques qui pèsent sur le budget
Le rapport relève également que la prévision de croissance pour 2025, désormais établie à 0,7 %, reste fragile. Selon le HCFP, « cette prévision peut être tenue mais est loin d’être acquise ». Plusieurs analystes évoquent un scénario encore plus modeste, autour de 0,5 %. Le Haut Conseil alerte aussi sur les faibles marges de manœuvre en cas de nouveaux chocs économiques. Il observe que « les marges de sécurité et les capacités de réaction en cas de nouveau choc défavorable apparaissent très limitées ».
Le contexte international, marqué par l’instabilité géopolitique et les tensions commerciales, alimente ces incertitudes. Le rapport note en particulier les effets des politiques protectionnistes américaines et les risques liés à l’évolution de la situation au Proche-Orient et en Asie. Ces facteurs pourraient affecter les échanges et fragiliser les prévisions de reprise économique sur lesquelles repose le scénario du gouvernement.
En l’état, le plan présenté apparaît donc optimiste et devra faire l’objet d’ajustements pour gagner en crédibilité. Le HCFP insiste sur la nécessité de mesures claires et d’une transparence accrue dans les projections pour rassurer les partenaires européens et les marchés.








