Budget de la sécurité sociale : gel des prestations et réforme des retraites, les tensions montent au Sénat

Le budget de la Sécurité sociale pour 2026 passe devant les sénateurs, où plusieurs mesures, dont la réforme des retraites et le gel des prestations sociales, suscitent déjà des débats.

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Budget de la sécurité sociale
Budget de la sécurité sociale : gel des prestations et réforme des retraites, les tensions montent au Sénat. Crédit : AFP | Econostrum.info

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 arrive au Sénat, où plusieurs mesures du budget risquent de provoquer de vifs débats. Les sénateurs, qui ne partagent pas toujours la même vision que les députés, s’apprêtent à amender ou même à rejeter certaines propositions, notamment en ce qui concerne la réforme des retraites et le gel des prestations sociales.

L’un des points les plus controversés de ce budget concerne la suspension de la réforme des retraites, qui avait été adoptée par l’Assemblée nationale sous la pression des socialistes. Cette suspension permettrait de maintenir l’âge de départ à la retraite pour les générations nées avant 1965 à 62 ans et 9 mois, contre 63 ans comme prévu dans la réforme initiale. Le Sénat, fidèle à sa position depuis des années, s’oppose fermement à cette suspension, souligne BFMTV. Il devrait, sauf surprise, rétablir la réforme telle qu’elle avait été initialement présentée par le gouvernement. Cette suspension, qui coûterait 300 millions d’euros en 2026 et 1,9 milliard d’euros en 2027, ne plaît pas non plus à la droite, qui voit dans cette mesure un recul économique.

Gel des prestations sociales et pensions : un autre point de friction

Le gel des prestations sociales et des pensions, une mesure habituellement indexée sur l’inflation, constitue également un sujet de discorde. Alors que l’Assemblée a rejeté cette mesure, le Sénat la soutient comme un moyen de redresser les finances de la Sécurité sociale. En commission des Affaires sociales, les sénateurs ont proposé de mettre en place une « année blanche » pour les pensions et les prestations, une mesure permettant de limiter les dépenses publiques tout en préservant certains bénéficiaires, comme les adultes handicapés ou les retraités dont les pensions sont inférieures à 1 400 euros. Le gouvernement, quant à lui, préconise un gel général pour maintenir l’équilibre des comptes sociaux.

Autres mesures controversées du projet de loi de financement de la Sécurité sociale

D’autres mesures du projet de loi de financement suscitent également des divergences. L’Assemblée a rejeté une hausse de la CSG, visant à augmenter les recettes de la protection sociale, notamment sur les revenus du capital. Cependant, le Sénat est hostile à cette proposition, et il devrait s’opposer à la mesure. Une autre mesure controversée concerne l’élargissement des franchises médicales aux consultations chez le dentiste et aux dispositifs médicaux comme les prothèses, lunettes et pansements. Le Sénat, tout comme l’Assemblée, a exprimé des réserves sur cette disposition, craignant qu’elle ne pèse sur les patients déjà vulnérables.

Le projet de loi prévoit également la création d’un nouveau congé de naissance, permettant aux parents de prendre jusqu’à deux mois supplémentaires pour accueillir leur enfant. Bien que cette mesure soit saluée par une partie des parlementaires, elle est jugée « insincère » et « intenable » par de nombreux opposants. Ces derniers estiment qu’elle est insuffisante pour répondre aux besoins des familles et qu’elle ne fera qu’alourdir les dépenses de l’État sans réel impact sur l’égalité des genres ou les conditions de vie des parents.

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