Budget 2026 : l’extrême gauche et l’extrême droite s’opposent à la piste de l’année blanche

Alors que le gouvernement compte mettre en place une année blanche pour le budget 2026, plusieurs formations politiques ont exprimé leur opposition.

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Budget 2026 : l'extrême gauche et l'extrême droite s'opposent à la piste de l'année blanche. Crédit : Canva | Econostrum.info

Dans le cadre des discussions sur le budget 2026, une proposition qui divise profondément les politiques est actuellement examinée par le gouvernement : la mise en place d’une « année blanche ».

Cette mesure consisterait à geler, en 2026, les dépenses publiques au niveau de 2025 afin de maîtriser le déficit budgétaire. Une telle solution est envisagée par certains soutiens du gouvernement, mais elle est loin de faire l’unanimité.

« Je pense que c’est une très mauvaise solution », a réagi Eric Coquerel, président de la commission des finances pour La France Insoumise (LFI), sur LCI le 6 juillet. Selon lui, cette « année blanche » aurait des effets récessifs importants, notamment pour les plus défavorisés. Citant une étude de l’Institut des politiques publiques (IPP), Coquerel a précisé qu’une telle mesure permettrait de réaliser « un peu moins de 6 milliards », mais qu’elle serait « très mauvaise » pour la consommation, surtout dans les couches sociales les plus vulnérables. De plus, il estime que cela aurait des effets négatifs sur l’économie dans son ensemble, notamment en ralentissant la reprise économique.

L’année blanche pour le budget 2026 subit les critiques de la classe politique 

Pour le gouvernement, la priorité reste la réduction du déficit public, et il s’agit de dégager des économies de 40 milliards d’euros pour le budget 2026, une somme répartie entre l’État, la Sécurité sociale et les collectivités locales. Une partie de cet effort pourrait provenir de cette « année blanche ». Selon les prévisions de l’IPP, cette mesure permettrait de dégager un gain budgétaire de 5,7 milliards d’euros, un objectif qui semble très séduisant pour ceux qui plaident pour une discipline budgétaire stricte.

Cependant, la proposition est également rejetée par d’autres personnalités politiques, notamment François-Xavier Bellamy (Les Républicains), qui a dénoncé cette mesure comme étant « l’inverse de la bonne stratégie ». Il plaide pour une réforme en profondeur de la dépense sociale, notamment en s’attaquant à des dispositifs comme le revenu de solidarité active ou les allocations chômage, qu’il considère comme des freins à la compétitivité. Il estime qu’il faudrait « s’attaquer de très près à la dépense sociale dans notre pays, qui est devenu (…) un problème majeur ».

Les critiques viennent également de l’extrême droite. Sébastien Chenu, vice-président du Rassemblement national, a fustigé la « logique de coups de rabot » qu’il associe à la politique gouvernementale. Pour lui, cette approche se limite à des ajustements superficiels et ne résout pas les « vrais dossiers » du pays, comme la gestion des agences d’État, l’immigration ou encore la contribution à l’Union européenne.

Dans le monde des affaires, la proposition d’une « année blanche » suscite également des inquiétudes. Patrick Martin, président du Medef, a exprimé son scepticisme, estimant que cette mesure serait « un pis-aller » et ne constituerait pas une solution durable. Selon lui, elle pourrait donner l’impression d’une absence de stratégie à long terme en matière de gestion des finances publiques. Il a insisté sur le fait que cette mesure ne doit pas servir d’excuse pour masquer l’absence de décisions concernant les dépenses structurelles de l’État.

Les discussions autour de cette proposition montrent la tension croissante entre les besoins immédiats de gestion budgétaire et les enjeux à long terme pour la société française. Alors que l’objectif de réduction du déficit reste central, la manière de parvenir à cet objectif reste un sujet de débats animés.

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