Sébastien Lecornu, une semaine après sa nomination à Matignon, s’attaque à l’équation budgétaire de 2026. Entre compromis et tensions politiques, plusieurs éléments pourraient évoluer.
Ce 15 septembre 2025, la politique budgétaire du gouvernement sous la direction de Sébastien Lecornu continue de se préciser, bien que le Premier ministre ait exprimé la nécessité de prendre le temps de consulter avant de faire ses propositions. Une semaine après sa nomination à Matignon, Lecornu se trouve dans une position délicate : réconcilier les attentes divergentes des partis politiques tout en respectant les contraintes budgétaires imposées par la situation économique du pays.
L’une de ses premières actions a été de renoncer à la suppression de deux jours fériés, une mesure controversée dans le projet de son prédécesseur François Bayrou.
Une réforme fiscale sans mesure radicale
Les discussions autour du budget de 2026 ont mis en lumière des divergences significatives concernant le montant des économies à réaliser. François Bayrou avait initialement fixé un objectif ambitieux de 44 milliards d’euros d’économies, une somme jugée nécessaire pour éviter la faillite du pays. Cependant, cette proposition n’a pas trouvé de consensus. Des voix au sein du gouvernement, comme celle de Place Publique, plaident pour des économies moins drastiques, autour de 24 milliards d’euros, tandis que le Parti Socialiste propose un objectif de 21,7 milliards.
Même au sein des partis de gauche, des divergences apparaissent, avec des figures comme Fabien Roussel du Parti Communiste qui s’opposent fermement à toute forme d’austérité. Pour le Premier ministre, cet objectif de 44 milliards semble de plus en plus difficile à maintenir. Le ministre démissionnaire Éric Lombard a reconnu que le cadrage du budget devait évoluer, et la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a évoqué un compromis autour de 35 à 36 milliards d’euros.
La taxation des plus riches : un débat ouvert
La question de la fiscalité est également au centre des discussions, notamment concernant une taxe sur les plus riches, souvent désignée sous le nom de « taxe Zucman ». Si cette mesure, soutenue par la gauche, a suscité des débats, elle semble de moins en moins populaire parmi les membres du gouvernement. Le Premier ministre a insisté sur le fait qu’il ne souhaitait pas aller trop loin en matière de « justice fiscale », notamment pour ne pas nuire à la compétitivité des entreprises françaises.
Toutefois, le débat reste ouvert, et d’autres propositions, telles que la taxation des superprofits et des surdividendes, sont sur la table. Le Rassemblement National, par exemple, souhaite discuter de la taxation de la spéculation financière. Un autre dossier sensible est celui des retraites. Bien que le gouvernement ait renoncé à reprendre immédiatement la réforme des retraites entamée sous François Bayrou, les discussions n’en sont pas pour autant écartées.
Lecornu a annoncé qu’il ne reviendrait pas sur la réforme des retraites avant 2027, mais des « petits pas » pourraient être réalisés en attendant, notamment sur la pénibilité au travail et l'emploi des seniors. Ces questions, bien que moins ambitieuses, pourraient permettre au gouvernement de faire des avancées tout en évitant de rouvrir le débat sur la réforme globale des retraites, un sujet particulièrement clivant.
La décentralisation : une réforme susceptible de faire consensus
L’une des nouvelles propositions de Lecornu concerne une réforme de la décentralisation, qui pourrait apporter entre 6 et 7 milliards d’euros d’économies annuelles. Cette mesure semble avoir un fort potentiel de consensus, notamment au sein de la majorité, et pourrait constituer un axe de réduction des dépenses publiques sans provoquer une opposition trop forte. Selon Yaël Braun-Pivet, cette réforme pourrait être un levier important pour rationaliser les dépenses et améliorer l’efficacité des collectivités territoriales.








