Budget 2026 : l’État sommé de se réorganiser face à l’urgence des finances publiques

La ministre des Comptes publics prépare un budget 2026 sous le signe de la rigueur et de la réforme de l’État.

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Budget 2026 : l’État sommé de se réorganiser face à l’urgence des finances publiques. Crédit : Canva | Econostrum.info

La ministre des Comptes publics met en garde ses collègues ministres à l’approche des arbitrages dans le cadre du Budget 2026 : pour réduire le déficit, il ne s’agira pas seulement de rogner sur les dépenses, mais de revoir en profondeur l’organisation de l’action publique.

Le gouvernement se prépare à présenter, d’ici le 14 juillet, les grandes lignes du budget 2026, dans un contexte de forte contrainte financière. L’objectif affiché : ramener le déficit public à 4,6 % du PIB, en réalisant 40 milliards d’euros d’économies, répartis entre l’État, les collectivités locales et la Sécurité sociale.

Pour Amélie de Montchalin, ministre déléguée chargée des Comptes publics, il ne s’agit pas de céder à une austérité aveugle, mais de repenser l’usage des ressources publiques. Dans un entretien au Journal du dimanche, elle déclare sans détour : « Le compte n’y est pas », soulignant que les premières propositions remontées par les ministères sont insuffisantes, rapporte le JDD.

Une réforme structurelle plutôt qu’un rabot budgétaire

La ministre refuse la logique du rabot, consistant à réduire mécaniquement les budgets. Elle prône au contraire une réorganisation massive de l’État, avec pour priorité une gestion plus efficace et plus lisible des administrations. Chaque ministère devra revoir ses besoins de recrutement et examiner la pertinence des revalorisations salariales prévues. La hausse du nombre de fonctionnaires ces dernières années fait l’objet d’un réexamen ciblé.

Par ailleurs, un tiers des agences et opérateurs publics pourraient être supprimés ou fusionnés. L’objectif est de simplifier l’action publique, de limiter les doublons et de recentrer les moyens sur les missions essentielles. En parallèle, les niches fiscales feront l’objet d’un tri rigoureux, avec la volonté affichée de les réduire pour alléger le système fiscal, sans en augmenter les taux.

Des efforts à poursuivre pour les prochains budgets

Les contributions exceptionnelles mises en place en 2025, notamment la contribution sur les foyers les plus aisés ou la surtaxe sur les sociétés, ne seront pas pérennisées. Le gouvernement souhaite éviter une dépendance à ces recettes ponctuelles. Pour Amélie de Montchalin, c’est par une action durable sur la dépense que se fera le redressement budgétaire.

D’ici quelques semaines, chaque ministre devra présenter un plan d’économie crédible, aligné sur les priorités du gouvernement. Les dépenses prévues pour 2026 devront être inférieures à celles de 2025, sauf s’il s’agit de financer des réformes clairement identifiées comme prioritaires.

La ministre assume pleinement ce virage : « Nous sommes au bout d’un système », insiste-t-elle. Le projet de budget 2026 devrait ainsi marquer une rupture, avec la volonté d’inscrire l’action publique dans une logique de transformation profonde, sans déstabiliser les services essentiels.

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