Budget 2026 : pourquoi son adoption semble de plus en plus incertaine

Le budget 2026 fait face à de nombreux obstacles au Parlement, avec des divergences politiques croissantes et des débats interminables menaçant son adoption dans les délais.

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Budget 2026 : les députés disent non, que peut encore faire l’exécutif ? Crédit : Canva | Econostrum.info

L’adoption du budget 2026 semble de plus en plus incertaine, en raison de la lenteur des débats et des divergences entre les groupes politiques. Alors que les délais constitutionnels approchent, le gouvernement et les parlementaires se retrouvent face à une impasse qui pourrait obliger à recourir à des solutions exceptionnelles.

La Constitution impose que le budget soit adopté en première lecture avant le 23 novembre. Toutefois, les discussions à l’Assemblée nationale connaissent des retards considérables, ce qui met en péril cette échéance. Alors que plusieurs centaines d’amendements doivent encore être examinées, l’Assemblée a dû suspendre ses débats pour se concentrer sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), qui doit être voté le 12 novembre.

Ce retard pourrait signifier que le budget ne sera pas adopté à temps. D’après le rapporteur général du budget, Philippe Juvin, il est « hautement probable » que l’Assemblée nationale ne termine pas l’examen du budget avant la fin du mois, ce qui risque d’entraîner un blocage législatif, rapporte Franceinfo.

Les obstacles à l’adoption du budget 2026

Outre les retards, une autre difficulté majeure réside dans les profondes divergences politiques qui opposent les groupes parlementaires. La majorité présidentielle, composée du parti Renaissance et de ses alliés, peine à faire passer son projet de budget, notamment en raison des exigences contradictoires des différents partis. Les Républicains jugent le texte « non votable en l’état », tandis que le Rassemblement National critique son manque de cohérence.

La France Insoumise, quant à elle, s’oppose fermement à ce budget, ce qui rend les compromis presque impossibles. Même au sein de la majorité, des tensions apparaissent, certains députés dénonçant des mesures qu’ils jugent trop favorables à la gauche.

Des solutions de repli envisagées

Face à ces impasses, plusieurs solutions sont envisagées pour éviter un échec total. Le recours aux ordonnances est une option de plus en plus probable, car si le Parlement ne parvient pas à adopter le budget dans un délai de 70 jours, le gouvernement pourrait imposer son projet par ordonnance. Cela permettrait de contourner le processus législatif traditionnel, mais pourrait créer des tensions politiques importantes.

Une autre alternative serait le dépôt d’une loi spéciale autorisant l’État à percevoir les impôts existants tout en gelant les dépenses, le temps qu’un budget soit voté en 2026. Toutefois, cette solution coûterait environ 11 milliards d’euros à l’économie. Enfin, le recours à l’article 49.3 de la Constitution, qui permet de faire passer un texte sans vote, est également une option, bien que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, ait promis de ne pas l’utiliser.

Certains parlementaires estiment que ce mécanisme pourrait être utilisé en « compromis », afin de faire adopter le budget tout en évitant un rejet complet par l’Assemblée.

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